Comment gérer les personnalités toxiques au travail (et ailleurs) ?

La jeune fille et la sorcière-manager

Il était une fois dans un pays lointain, une jeune fille connue pour son fort caractère et sa sensibilité. Elle poursuivait un projet professionnel motivant dans une organisation où tous les ingrédients étaient réunis pour donner du sens à son quotidien.

Un jour, arriva dans  son groupe de travail, une vilaine sorcière, manager de son état, en panne de communication et à la posture relationnelle douteuse.

Le quotidien de l’équipe est alors devenu infernal : Attaques personnelles en règle, dévalorisations, humiliations, confiscation de la parole des membres, jeux de pouvoir, climat de terreur, pensée unique et manipulations individuelles. Pourtant, tous les membres étaient forcés de travailler ensemble, compte-tenu de la nature du travail à produire.

Après quelques mois d’existence (et un soutien hiérarchique inexistant, par contre), au rythme des pleurs, des faux-cuseries, des non-dits, des colères et claquages de porte à chaque réunion, le groupe a rendu, sans plaisir, un travail moyen, et très mal payé au regard des préjudices individuels subis en termes d’estime de soi.

Je ne vous laisse pas dans le doute plus longtemps et vous l’aurez compris, cette jeune fille c’était moi…mais ça aurait pu être vous. Parce que dans l’Entreprise, il existe des personnalités toxiques, et que la pression subie (concurrents, actionnaires, contexte économique moribond, enjeux individuels) est de plus en plus forte. Donc forcément ça créé du stress, jusqu’à ce que les soupapes sautent à un moment donné. Et ça, ça fabrique (entre autre) du burn-out et du mal-être au travail.

Alors aujourd’hui, je vais vous expliquer en quoi cette expérience, bien digérée depuis, m’a appris à réfléchir sur la meilleure façon de gérer les personnalités toxiques au travail (et ailleurs). Le mot-clé de cet article, c’est « LIMITES ». Vous allez comprendre.

Pourquoi bannir une personne au comportement toxique ?

Pour rappel, une personne toxique (ou plutôt « au comportement toxique »), c’est une personne qui manipule et intimide son petit monde pour X ou Y raison psychanalytico-psychologico-je-ne-sais-quoi (et d’ailleurs on s’en fiche). Sachez, pour mieux la repérer, qu’une personne toxique est en général égoïste, et choisit ses relations en fonction de leur intérêt à nourrir ses propres objectifs du moment. D’ailleurs elle sur-stimule votre capacité à vous défendre émotionnellement de ses comportements malsains, et vous pompe ainsi votre énergie. C’est cette personne qui décide de l’atmosphère émotionnelle d’une situation (peur, colère, tristesse, joie, etc.), pour vous et pour un groupe.

En entretenant ce type de relation avec une personnalité toxique dans votre environnement direct, votre patience, votre empathie, votre compréhension, votre bienveillance s’en trouvent abîmées. En effet, la personne toxique ne sait pas être dans une relation de manière désintéressée. Elle ne connait que les relations où c’est toujours le même qui donne, et c’est toujours le même qui prend (elle). Du coup vous n’êtes pas respecté, et vous êtes en droit de vous demander si cette personne a droit à une place dans votre vie.

Faire le choix de ne plus côtoyer une personne dont on sait qu’elle n’est pas saine pour nous, si c’est possible, permet d’arroser notre estime de soi, parce que oui, cela prouve que nous prenons soin de nous et de nos besoins, limites, et valeurs.

Contre une personne toxique, faut-il s’affirmer ?

Une autre grande spécialité des personnalités toxiques, est d’obtenir des faveurs d’un individu ou d’un groupe, par un comportement manipulatoire, sciemment ou non.

Tantôt en revêtant le costume de victime, ce qui était la grande spécialité de la manager-sorcière de mon histoire qui arrivait toujours à nos réunions de travail en nous exprimant en quoi sa situation du moment était tellement difficile pour elle par ailleurs (pépin de santé, surcharge de travail, sortie d’hospitalisation, collaborateur malade, service en sous-effectif, etc.). Et forcément, quand un individu se positionne en victime dans une relation, les autres, s’ils ne s’affirment pas, n’ont d’autre choix que de devenir persécuteurs ou sauveurs du « pauvre diable ». Et ça c’est fatigant. (j’ai écrit un article sur ce triangle infernal sur mon blog Touchemann & Co)

Tantôt en étant juste elle-même : En général, tout l’entourage de la personne toxique sait que les situations conflictuelles sont tellement difficiles (voire théâtrales) à gérer pour le collaborateur ou le groupe, que tout le monde s’écrase pour éviter le débordement qui sèmerait la terreur à coup sûr pendant une bonne semaine dans le service.

Donc, « on prend sur soi ». Cette stratégie fonctionne à court terme, mais comme la personne ne changera pas (parce qu’elle n’aura aucune raison de changer puisque vous vous adapterez), la situation va vous fatiguer à la longue.

Gérer une personnalité toxique au travail : Refuser ?

Et quand on décide de s’affirmer, on dit les choses. Dire les choses, ça n’est pas forcément aller au clash, du moment que l’on s’exprime de façon honnête, non manipulatoire et assertive.

Bien entendu, vous pensez que ça n’est pas facile. C’est vrai, les personnes toxiques peuvent ne pas être réceptives à vos essais de communication, et vont parfois y répondre par la colère, vous couper la parole pour renverser la situation à leur avantage, et se positionner en tant que persécuteur.

Elles peuvent aussi vous couper la parole et se mettre à geindre de façon inattendue parce qu’elles ne comprennent pas « que vous puissiez penser ça, avec tout ce qu’elles font pour vous et l’équipe ! »  (et là, elles vous positionnent comme leur persécuteur).

Pour rompre ce type de jeu psychologique que la personne toxique vous propose, ripostez par une question ouverte, du type :

« Tu sembles être en colère. Qu’est-ce qui te dérange exactement ? »

« Tu sembles t’ennuyer. Qu’est-ce qui, dans ce que je dis, t’ennuie au point de ne pas m’écouter ?”

Vous risquez, bien sûr, de bousculer la personne. Mais vous lui donnez aussi l’opportunité d’exprimer clairement ce qui lui pose problème. Et si elle vous ignore ou vous renvoie la balle, elle aura tout de même noté que son comportement est problématique pour vous, et que maintenant, elle avance à découvert.

Parfois, vous aurez des vraies sorcières-managers à la couenne dure (comme celle de mon histoire), qui resteront dans le déni, et avec qui il n’ y aura rien à faire : « Mais non, mais non, tout va bien, je t’écoute »…

Pour gérer une personnalité toxique au travail : Travaillez vos 50% de la relation

Hé oui, on ne peut pas agir à la place des gens. Même si elle résout et assouplit beaucoup de situations, la communication assertive ne peut pas faire de miracle avec les personnalités toxiques pathologiques. Et il y en a.

Gardez à l’esprit qu’une relation à deux qui tourne mal, c’est 50% de la responsabilité qui revient à chacun. Alors dans les 50% du travail relationnel qui vous incombent, tâchez de faire de votre mieux pour assouplir votre façon d’être affecté par ce qui ne fonctionne pas. Communiquez au mieux de façon assertive quand vous avez la possibilité de le faire, pour faire votre job des 50%.

Et ne dépassez pas vos limites. Restez dans un périmètre d’action et de relation qui ne vous crée pas d’inconfort, et surtout pas de souffrance. Quand vous sentez un inconfort physique (pression, mauvaise digestion, nausées, ou quelque soit la façon par laquelle se manifeste ce stress chez vous), dites-vous que la sonnette d’alarme est tirée, et stoppez la relation, créez une rupture (ouvrez la porte, regardez votre smartphone, partez.)

Quoiqu’il en soit, il vous faut savoir ce qui est acceptable pour vous, dans cette relation, et ce qui ne l’est pas. Faites ce boulot de clarification avec votre coach, les choses deviendront plus claires, et vous vous sentirez plus fort. Les séances de coaching avec un professionnel remettront de la bienveillance, de la confiance et de l’empathie dans votre quotidien.

Face à une personnalité toxique, ne culpabilisez pas

Dans l’attirail manipulatoire de la personne toxique, il y a la culpabilisation. Normalement, si vous avez validé la phase précédente, vous êtes bien conscient que vous n’êtes responsable qu’à 50% de la médiocrité de la relation (parce que vous ne vous affirmez pas assez).

Les personnalités toxiques vont vous faire croire que ce qui se passe est de votre faute, parce que partout ailleurs, « ça va bien avec tout le monde ». En plus, parfois, la personne toxique est votre supérieur hiérarchique. Et il suffit que vous ayez des valeurs « autorité », « légitimité », « respect de l’expérience » qui soient fortes, alors la stratégie de culpabilisation va avoir de grandes chances de marcher. Je rencontre souvent ce phénomène avec les étudiants et jeunes diplômés que j’accompagne.

En tous cas, rappelez-vous que la personne toxique n’a pas de problème avec vous en particulier, elle a un problème avec tout le monde. Donc ne vous sentez ni fautif, ni coupable. Ne prenez donc pas non plus ce que cette personne vous dit de manière personnelle.

Affronter une personnalité toxique au travail : Pas de pitié !

Parfois, des personnes sont rendues toxiques parce qu’elles traversent de graves crises de vie : Maladie, deuil, divorce, etc. Effectivement, ça existe.

Cela peut vous rendre davantage compréhensif, mais gardez à l’esprit vos sacro-saintes limites, entre ce qui est acceptable, et ce qui ne l’est pas dans la façon dont ces personnes peuvent se comporter avec vous. Encore une fois, restez dans vos 50%, mais n’allez pas plus loin si cela vous pompe de l’énergie par sur-adaptation.

Il y a plein de gens qui traversent des crises de vie extrêmement difficiles, et qui n’en deviennent pas toxiques pour autant.

Gérez-la situation avec l’aide d’un coach professionnel. Chacun mérite d’avoir la paix. Il n’y a pas de raison qui vaille la peine que votre bien-être au travail soit sacrifié.

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Et si vous souhaitez en lire davantage sur ce jeu de victime/sauveur/persécuteur, lisez ce petit bouquin hyper pratique et qui pourra vous donner les clés pour en finir avec les managers-sorcières ou autre relation maléfique 😉

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4 réflexions au sujet de « Comment gérer les personnalités toxiques au travail (et ailleurs) ? »

  1. Encore un retour à la maison en ressassant une parole désagréable! Pourtant ma journée s’est bien passée, objectivement. Mais une parole suffit pour faire (re)surgir un goût amer et tout gâcher. Et même au bout de 13 ans, ça marche encore….
    Merci donc pour votre billet qui remet les pendules à l’heure et me permet de relativiser; en prenant chaque point un à un, je suis parvenue à me débarrasser de ce ressentiment. Je crois beaucoup en cette règle des 50%, que je m’applique à respecter. Au moins, je reste en accord avec moi-même et rien que cela rebooste mon estime de moi. En revanche, la solitude qu’engendre cette situation peut être grande et difficile à vivre, même 13 ans après.

  2. Je viens de prendre connaissance de l’article. Très intéressant.
    Je vis au travail avec ce genre de comportement. Une salariée au comportement toxique. C’est terrible!! Il est difficile d’être épanouis auprès d’elle, jamais satisfaite et amène tout le monde vers elle. Lors de nos réunions de cadre (je suis coordinatrice) je ne suis ni entendue, pi encore on me demande d’avoir les idées claires et d’être plus objective. C’est horrible!! Elle représente chaque élément cités ci-dessus et pourtant je suis la seule à l’observer, comment faire? Qui plus est, elle est déléguée du personnel et fortement soutenue par la hiérarchie (qui voit en elle un grand potentiel, c’en est presque inconcevable).
    Bref, je me vois donc dans le devoir de nouveau de me remettre en question, voir consulter un coach professionnel ou thérapeute pour que je puisse travailler dans la sérénité.
    Merci

  3. Cet article est vraiment très intéressant dans ce qu’il décrit précisément les personnalités toxiques qui jonchent nos vies professionnelles. Malheureusement, ces personnes sont rarement « déboulonnables », car difficilement « recyclables », et ont en réalité bien peu confiance en elles et surtout grandement besoin de reconnaissance. Ces 2 items expliquent le profil manipulateur de ces personnes qui ne peuvent travailler qu’aux côtés de personnes dites faibles et surtout les mettant en valeur d’une manière ou d’une autre.
    Amy, ne vous laissez pas déstabiliser par ce genre de personne, de surcroît en environnement professionnel et surtout, surtout, ne vous remettez pas en question. En tant que coordinatrice, si vous n’avez pas le rôle d’animatrice lors de réunion, prenez de la hauteur en observant, en écoutant et en prenant des notes…avec un léger sourire en coin…ça agace prodigieusement les toxiques… Fixez bien cette personne lorsqu’elle prend la parole et posez lui des questions par mail si elle « refuse » de vous entendre au cours de vos réunions. Mettez votre direction en copie de vos demandes mais surtout, restez toujours diplomate et factuelle. N’entrez jamais dans une polémique que ces personnes savent mieux que quiconque initier et gérer! En tant que manager, je suis en quelque sorte de l’autre côté de la barrière et dans l’obligation de gérer une salariée toxique, conforme en tout point à la description faite par Bérangère. Ces personnes sont avant toxiques pour elles-mêmes et souvent en situation de mal-être. Ne vous laissez donc pas « intimider » et affirmez plutôt votre position de manière plus « roublarde » si je peux employer ce terme, peu amène mais adapté à votre situation.
    Je vous souhaite de parvenir à prendre le recul nécessaire et surtout, au risque de me répéter, ne doutez pas de vous.

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