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Récemment j’ai accompagné en coaching une jeune femme dans son questionnement professionnel. Jusqu’ici, rien de surprenant, c’est mon job 🙂

« Je ne sais pas quel métier choisir »

Cette jeune femme est venue me solliciter parce qu’elle envisageait un éventuel changement de métier, mais elle n’en était pas encore sûre.

Mon rôle a donc été au départ, de l’aider à explorer son insatisfaction des situations professionnelles passées, et d’imaginer et évaluer les différentes options qui s’offraient à elle ici et maintenant: Reconversion professionnelle totale ?

Rester dans le même métier, mais changer de secteur pour rejoindre un secteur d’activité plus plaisant ?

Trouver le même type de job mais de façon à se libérer du temps pour exercer sa passion, ou s’occuper davantage de soi et de sa famille ?

Faire de sa passion une création d’entreprise ?

Bref. Pas mal d’options à explorer, et un boulot de fond en perspective, qui pouvait prendre un certain temps a priori.

Prendre le temps de la réflexion pour son projet professionnel

Cette jeune femme avait quitté l’emploi confortable qu’elle occupait avant de venir me consulter, et était donc sans emploi.

Être sans emploi, c’est la situation idéale me diras-tu, pour prendre le temps de cogiter, monter un vrai projet structuré pour la suite, en profiter pour acquérir éventuellement de nouvelles compétences, etc.

Et bien pas du tout, figure-toi.

Être sans emploi (je parle du chômage « choisi », comme dans le cas présent, sur le mode de la rupture conventionnelle) peut être extrêmement culpabilisant, une fois que le sentiment de liberté qui peut exister au début de la période, s’est peu à peu envolé, et qu’on est confronté à certaines difficultés (comme des entretiens qui n’arrivent pas, par exemple)…

Chômage et sentiment de culpabilité

Tellement culpabilisant pour la personne en question, qu’il n’a fallu que quelques semaines pour qu’elle ait pris sa décision : « Je vais chercher un autre boulot dans le même métier, et la même branche. C’est mon dernier mot Jean-Pierre ».

Cette personne avait dans son cadre de référence, une valeur « travail » très forte, et des croyances bien présentes du type « travailler, c’est exister » ou encore « si on ne travaille pas, on ne sert à rien ».

Pour le coup, lorsque ce type de message est en nous, et depuis longtemps, une période sans emploi peut être extrêmement difficile à vivre, surtout si elle doit durer.

Alors au final, cette jeune fille a trouvé davantage de bénéfices dans le choix d’une solution partiellement satisfaisante, plutôt que de se lancer dans une situation temporairement insupportable pour elle, même si celle-ci pouvait déboucher sur une potentielle opportunité d’être davantage épanouie au travail qu’avant.

Et cette solution fût la bonne, puisque c’est celle que la personne a pu choisir de manière éclairée à ce moment-là.

D’ailleurs, une fois cette décision prise, elle a trouvé un boulot très vite.

Se sentir inutile en  période de chômage

Cette situation m’a fait réfléchir à cette pression que l’on peut ressentir quand on ne se sent pas utile, ou pas performant. Lorsque l’on ne produit « rien », ou quelques chose qui n’a pas de Sens pour nous. Ou encore lorsque l’on n’a pas l’occasion de fournir un « résultat ». Même en étant en poste, on peut ressentir ce type de culpabilité.

Alors est-ce grave, de ne pas être dans la « production» pendant quelques mois de sa vie ?

A-t-on le droit de prendre son temps pour trouver une situation professionnelle où l’on se sentira juste bien ou mieux que celle d’avant ?

Et à partir de combien de temps se consacrer à cette réflexion n’est-il plus un temps « raisonnable » ?

Je dis souvent à mes clients « ça n’est pas parce que vous n’avez pas de contrat, que vous n’êtes pas actif !».

Parler de ça, ça me fait toujours penser aux talents en recherche d’emploi qui remplissent l’entête de leur profil LinkedIn avec «en recherche d’emploi ».

NOOOON ! enlève-ça tout de suite !

Tu représente une offre de services, et peux monnayer contre rémunération la valeur que tu crées pour une entreprise à l’aide de tes compétences.

C’est ça, le deal. (En plus, tu loupes l’opportunité d’utiliser un mot clé dans un titre, c’est ballot.)

Bref. A retenir : C’est pas parce qu’on n’a pas de « contrat » à l’instant T, qu’on n’a pas de valeur.

La recherche d’emploi, un job à plein temps ?

Donc inutile, dans ta recherche d’emploi, de revenir sur le site de l’APEC toutes les deux heures pour voir si une nouvelle offre est parue.

Inutile aussi de passer 4 heures par jour à envoyer des candidatures spontanées à la chaîne (en employant ce genre de méthode, tu optimises surtout le nombre d’occasions d’être ignoré et c’est pas génial pour ton niveau d’estime de soi…)

Une recherche d’emploi doit s’organiser de façon à ne pas être épuisante.

Elle peut même être presque plaisante et génératrice d’opportunités auxquelles tu n’aurais même pas pensé.

Et puis tu as aussi le droit, en étant au chômage, de ne pas faire que « CHERCHER » : Tu peux aussi faire des rencontres, réseauter, te former, t’informer, informer les autres, t’engager, organiser des choses pour toi et les autres, prendre le temps de te retrouver, voir tes amis pour rompre la solitude.

À propos de l'autrice / auteur de cet article

Bérangère TOUCHEMANN

Après 8 ans à la tête de mon cabinet de coaching et transitions professionnelles et de ce blog qui a vu passer plus de 3 millions de lecteurs et lectrices, j’ai décidé de passer la main ! Ce blog appartient maintenant à mon équipe, que j’ai sélectionnée, formée et mentorée.

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