Comment concilier grossesse et travail <br/>(sans passer pour la chieuse de service) ?

Avant de commencer, arrêtons-nous sur la notion de « chieuse de service ».

Je savais que ce serait ça, qui allait vous faire cliquer 🙂

Je savais que ce titre allait susciter votre curiosité, parce que vous ne pouvez pas être indifférente à cette idée que quand on est enceinte et qu’on a un job…on devient potentiellement une « contrainte » pour son patron.

On va devenir un cas particulier.

On va créer de la « charge » pour notre employeur : une absence à prévoir et à combler, un service à réorganiser, un intérimaire ou un CDD à recruter, une supposée baisse de productivité pendant une période, des absences ou indisponibilités imprévisibles pendant quelques mois, et ensuite « (quand) va-t-elle revenir » ? etc, etc.

Pourquoi je présume que vous pensez ça, même inconsciemment  

Parce que j’ai fait un test sur Google.

Allez le faire à votre tour : tapez dans la barre de recherche « Comment annoncer sa grossesse à », et vous allez voir que la première suggestion que vous fait Google, c’est « Comment annoncer sa grossesse à son employeur »

Ça veut dire que c’est la recherche la plus tapée par les femmes, avant même « comment annoncer sa grossesse à son conjoint »

Énorme, non ?

Et pourquoi ça ?

les femmes redoutent de faire d'annoncer leur grossesse à leur boss

Parce que les femmes redoutent de faire cette annonce à leur boss, et cherchent des conseils.

Et pourquoi donc ?

Parce qu’elles pensent que cette annonce de leur grossesse peut créer une tension pour elles, et pour leur boss, et entre eux.

Elles veulent optimiser cette annonce, justement pour ne pas se griller, ne pas commettre d’impair.

Pour que le chef le prenne bien.

Pour le ménager.

Pour ne pas que son comportement change vis-à-vis d’elles.

Comme pour ne pas « déranger » .

Pour qu’il n’y ait pas d’incidence sur la suite de leur carrière.

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Et pour ne pas être cataloguée, du coup, comme la « chieuse de service ».

Mais sérieusement, de quoi on parle, là ?!

Grossesse, travail et culpabilité

Parce que vous n’avez pas à culpabiliser d’être enceinte.

Vous n’avez pas à vous excuser d’être là.

Vous n’avez pas à vous sur-adapter ou sur-travailler pour combler ce fameux « supposé manque de productivité » ou de disponibilité, que vous pensez faire supporter à votre employeur.

Vous n’avez pas à prouver qu’on peut être enceinte et rester une machine de guerre au boulot.

Parce que si vous faites ça, vous intégrez vous même qu’embaucher une femme qui tombe enceinte est une contrainte, et vous en faites la promotion. Vous voyez ?

Alors que ce n’est pas une contrainte, c’est juste la vie.

Et c’est, avant tout, votre vie privée.

Donc même si une femme est déjà enceinte dans le service. Même si on arrive à la saison coup-de-bourre pour votre activité. Ou même si vous avez eu une promotion cette année, ou que vous venez juste d’être embauchée.

Donc maintenant que c’est dit, voyons comment vous pouvez faire pour vous sentir à l’aise, ici et maintenant.

Et pour préparer au mieux, cette période de grossesse au travail, qui est très particulière (même si chaque femme peut la vivre différemment).

Comment faire, pour vivre une grossesse au travail de la meilleure manière pour vous ?

À savoir, celle qui vous permettra d’être la plus sereine possible, avec un minimum culpabilité ?

Je vous propose quelques réponses ici.

Quand annoncer sa grossesse à son employeur ?

Contrairement aux idées reçues, la loi ne prévoit pas de délai pour les salariées du privé. Donc vous l’annoncez quand vous voulez, en principe.

Pour bien définir les modalités de cette annonce de votre grossesse à votre employeur, je vous invite à poser sur un papier :

  • La date à laquelle vous êtes enceinte depuis 3 mois révolus. C’est la date à laquelle on annonce traditionnellement sa grossesse à son entourage, parce que c’est à partir de ce seuil des 3 mois que le bébé est en principe bien accroché, et le risque de fausse couche diminue donc considérablement. Bien entendu, c’est aussi une affaire d’usages, voire même de superstitions, et vous seule savez avec quel délai vous êtes à l’aise pour le dire.. (Perso, tout mon entourage a su pour mes grossesses, dès le jour de la petite barre violette sur le test, donc en gros vers 5 semaines. Impossible de me retenir, j’avais besoin d’annoncer la nouvelle à la Terre entière :))
  • La date prévue de votre accouchement.
  • La date de votre départ en congé maternité (en principe 6 semaines avant l’accouchement pour les salariées du privé)

Entre le moment où vous apprenez votre grossesse et le moment où vous partez en congé maternité, c’est vous qui voyez quand c’est le mieux pour vous, pour décider de l’annoncer.

c’est vous qui voyez quand c’est le mieux pour vous, pour décider de l’annoncer

Passez par l’annonce officielle, pour vous protéger

Mais sachez que, l’annoncer officiellement (par LRAR contenant une lettre qui indique votre date de grossesse + les dates de votre début et fin de congé maternité + une attestation de grossesse de votre médecin) vous donne certains avantages, et surtout vous protège.

Parce que dès que vous annoncez votre grossesse officiellement à votre entreprise, vous êtes protégée par les articles L1225-1 et suivants du Code du Travail, et ce jusqu’à 4 semaines après votre accouchement.

Ainsi :

  • Vous ne pouvez pas faire l’objet d’un licenciement pour motif individuel (sauf pour faute grave/lourde).
  • Vous pouvez prétendre à un changement de poste, ou même une suspension temporaire du contrat de travail, si vous travaillez dans un environnement « à risque » pour votre bébé.
  • Vous pouvez vous absenter pour vous rendre à vos examens médicaux de grossesse sur vos heures de travail, tout en conservant votre rémunération
  • Aucune sanction ne peut être prise contre vous, si elle est en lien avec votre grossesse (hello la discrimination des femmes enceintes !)
  • Vous pouvez démissionner sans préavis si vous le souhaitez

Donc ça, c’est bon à savoir.

Ensuite viennent d’autres paramètres à avoir en tête, pour bien choisir quand annoncer sa grossesse au travail.

Ce qu’en pensent les autres ?

D’abord, attendez-vous toujours à ce que l’annonce de votre grossesse soit interprétée.

Jugée, même.

Parce que si vous l’annoncez trop tôt, quelqu’un se posera toujours des questions sur votre capacité à relever le défi, à être productive.

Et si vous l’annoncez au dernier moment, il y aura toujours quelqu’un pour vous accuser de l’avoir caché.

En fait, chaque personne a sa propre représentation de la grossesse, du travail, et plus largement des femmes au travail.

C’est culturel, c’est parfois inconscient, c’est propre à chacun.

Et chacun a donc ses propres filtres, ses propres lunettes avec lesquelles il voit le monde, avec lesquelles il vous voit. C’est pourquoi :

  • Parfois votre cheffe va vous tomber dans les bras parce qu’elle-même a kiffé sa grossesse et trouve ça fabuleux,
  • Parfois votre cheffe va du tac-au-tac vous répondre qu’elle ressent ça comme une trahison parce que vous vous étiez engagée implicitement à ne pas faire d’enfant dans les 3 ans après votre embauche…

Donc il n’y aura jamais de stratégie idéale pour cette annonce.

Il n’y aura que des interprétations.

Alors du coup, ce que je vous propose, c’est de réfléchir et de définir pour vous, ce qu’il y a de plus JUSTE à faire.

Quand je dis juste, ça veut dire ce avec quoi vous êtes la plus à l’aise, sans vous soucier des susceptibilités des autres, point.

Comment annoncer sa grossesse à son employeur ?

D’emblée, j’aurais tendance à vous conseiller de solliciter un entretien formel, avant de lui envoyer la lettre recommandée d’annonce officielle.

Et j’aurais aussi tendance à vous dire de résister à la tentation de le clamer sous les toits au travail, pour éviter que votre chef n’apprenne votre grossesse par radio moquette, c’est plus clean, plus pro.

Faites aussi les choses dans l’ordre : D’abord à votre N+1, pour qu’il ne se sente jamais squeezé.

Puis ensuite, demandez-lui s’il préfère se charger de l’annoncer lui-même à votre N+2 ou à la RH, ou si c’est vous qui le faites.

Arrivez à cet entretien avec votre N+1 avec des faits et des chiffres. Pour être rassurante, claire, et donner un maximum de « visibilité » à tout le monde. Ceci implique que vous-même vous soyez claire avec ce dont vous avez besoin, en termes de pause-bébé.

Définissez donc en amont :

  • Vos dates de départ et de retour de congé maternité, vos dates d’examens gynéco prénataux (prénatals ?^^), et même vos dates de prise de sang mensuelle/bilan « toxo » que vous pouvez prévoir à l’avance, pour anticiper que vous arriverez en retard ces jours-là.
  • Les parties prenantes de votre mission, pour vous mettre d’accord avec lui sur l’annonce à leur faire (qui et quand parmi vos clients, fournisseurs, collègues…)
  • Les actions que vous proposez de prendre pour anticiper votre absence (transmettre des dossiers, écrire des processus pour faciliter le travail à votre back up…)

Qui porte réellement la contrainte d’une grosses eu au travail ?

Encore un mot sur la culpabilité v/s à la notion de contrainte, ou d’être la « chieuse de service », avant de terminer.

Je ne sais pas si vous avez déjà pu le constater physiquement, en fonction du stade de votre grossesse où vous en êtes… mais la contrainte, c’est bien vous qui la portez… Allez bosser avec :

  • Les nausées, voire les vomissements du matin dans les transports ou au bureau (viiiite un Oasis Tropical, du gingembre, du persil à renifler, mon sac, N’IMPORTE QUOOOOOI !!)
  • La fatigue permanente : Ou la sensation d’avoir la tête qui pique toute la journée (la même que quand vous rentriez de bringue à 6h du matin du temps de votre « âge d’or »), alors qu’on est censées avoir passé une nuit pleine…
  • Les étourdissements, l’impossibilité de rester debout trop longtemps, de se déplacer trop vite (il faut que je mange un truc, ben quoi oui j’ai le droit, je suis en manque de sucre…)
  • Les jambes lourdes et gonflées, les rhumatismes, les hémorroïdes, la prise de poids, les crises d’anémie, le mal de dos, les insomnies, l’essoufflement permanent…
  • Et avec ça, les vieux cons qui osent nous répéter comme un mantra « qu’être enceinte c’est pas une maladie » (pourtant, Florence Foresti a dit que c’était comme une gastro qui dure 9 mois, et en vrai c’est exactement ça, vous et moi on le sait^^…)

Donc vraiment, aucune raison de culpabiliser.

Parce qu’une grossesse, ce n’est physiquement pas toujours facile.

 Et ces contraintes physiques viennent s’ajouter à tout le reste…

Ne tombez pas dans le piège du chantage

Ne l’acceptez jamais.

Comme ce contrat moral bidon de s’engager à« ne pas faire d’enfant pour se consacrer à son travail » pendant au moins X années.

C’est complètement aberrant, mais combien de fois je l’ai entendu dans le vécu de mes clientes !

Ne tombez pas dans le piège du chantage. Ne l’acceptez jamais.

Ou pire encore, quand elles ont droit à des « On comptait sur toi »

« On avait besoin de pouvoir te faire confiance »

« Comment on va faire sans toi ? »

« Ca nous met dans l’embarras, mais on va devoir se débrouiller ».

« Tu nous fais ça MAINTENANT ? »

Ben oui, débrouillez-vous 🙂

En fait, si vous recevez ce type de remarque, vous avez besoin de trois choses pour les surmonter :

  • Bien avoir conscience que ça ne se fait pas, de dire des trucs pareils à sa collaboratrice
  • Être au clair sur ce dont vous avez besoin physiquement et en termes d’aménagement pour pouvoir vivre votre grossesse de la manière la plus confortable possible, afin d’être prête à affirmer vos besoins clairement, sereinement et sans passion
  • Et savoir toujours rebondir de manière assertive sur les remarques débiles et mal élevées…

Assertive, ça veut dire être bienveillante mais affirmée.

Et ça, vous arriverez à le faire quand vous aurez vraiment intégré, non pas que votre grossesse était une contrainte, mais que votre grossesse était l’un des plus beaux évènements de votre vie, et que ça en faisait donc votre priorité.

Donc n’hésitez pas à rétorquer :

« Je ne pense pas que cette remarque convienne, en réponse à une telle annonce »

« Je ne comprends pas ce que tu entends par là, peux-tu préciser ? »

« Je compte gérer cette situation de manière professionnelle, comme d’habitude »

Et sans vous justifier 🙂

Quand ça se passe super bien

Et parfois, ça se passe super bien !

Votre chef est émue, votre collègue ne peut retenir ses larmes, votre cliente vous offre un doudou.

C’est même souvent comme ça que ça se passe, d’ailleurs. Et tant mieux.

Mais si, à l’occasion de l’annonce de votre grossesse, vous réalisez que vous bossez avec des gens qui ne vous méritent pas.

Que vous iriez bien faire le point sur vos nouvelles idées, envies professionnelles, avec ce bout de chou en téléchargement, vous êtes sur le bon blog 🙂

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