Faut-il choisir le congé parental ?

Dans 96% des foyers, c’est la working-maman qui suspend momentanément sa carrière pour prendre un congé parental à l’arrivée de bébé.

Quand on parle d’égalité des sexes…. c’est pas gagné !

Pourquoi les femmes sont quasi les seules à s’arrêter de travailler pour leurs enfants ?

Déjà parce que, dans notre société, être père au foyer n’est absolument pas la norme. Encore aujourd’hui, dans la représentation du couple, l’homme est là pour assurer les revenus de sa famille (je tousse rien que de l’écrire 😉, mais bon… ). Faisons en sorte que nos millennials viennent bousculer un peu tout ça !

Mais il n’y a pas que de vieilles croyances qui font que la plupart du temps, le congé parental est pour les mamans. 

C’est aussi une question de logique économique : Madame gagne le plus petit revenu du couple, donc il est moins «douloureux» pour le foyer, de suspendre son salaire que celui de Monsieur. 

La plupart du temps le congé parental est pour les mamans

Mais comme les femmes s’arrêtent, elles gagnent moins. 
Comme elles gagnent moins, elle s’arrêtent. 
On est dans un beau cercle vicieux, qui, lui, n’est pas prêt de s’arrêter !

Alors valeurs traditionnelles et réalités financières, mais on peut aussi ajouter à cela des difficultés pour trouver un mode de garde satisfaisant dans certains endroits…

Si en plus, la perte de salaire liée au congé parental est partiellement comblée par les économies sur les frais de déplacement, alors banco c’est maman la grande gagnante du congé parental >> «finalement, à quoi bon de bosser»

C’est elle qui s’y colle donc, dans la joie et la bonne humeur (ou pas 😊).

Le congé parental : définition et modalités

Avant de s’interroger sur l’intérêt ou pas de prendre un congé parental, plongeons nous un instant dans le Code du Travail (trop chouette).

Le congé parental permet au salarié de suspendre son contrat de travail ou de réduire la durée de son travail. Il est définit dans les articles L1225-27 et suivants du Code du Travail.

Les conditions pour en bénéficier

Tu dois justifier d’au moins 1 an d’ancienneté dans ton entreprise. La demande se fait à l’employeur, classiquement, à la fin du congé maternité, mais tu peux le demander jusqu’aux 3 ans de l’enfant.

Imaginons que tu pensais avoir la nounou de rêve, et que quelques semaines après ta reprise tu es super mal car la nounou ne répond pas du tout à tes attentes. Tu peux très bien, alors, demander ton congé parental et faire le choix (un peu forcé) de garder ton loulou à la maison.

L’employeur ne peut pas refuser

Ton employeur ne peut pas refuser une demande de congé parental si tu remplis les conditions du Code de Travail (ancienneté, délai…), ni une demande de prolongation. 

Par contre, si tu demandes un temps partiel dans le cadre de ton congé parental (mini 16h/semaine), tu ne peux pas imposer tes horaires. 

Si vous tombez d’accord c’est top. Sinon, c’est l’employeur qui fixe les horaires du temps partiel.

La durée du congé parental et son renouvellement

La durée initiale du congé parental est d’1 an, mais il peut être prolongé 2 fois, jusqu’aux 3 ans de ton enfant.

Pour le prolonger il faut en faire la demande à l’employeur au moins un mois avant le fin du congé initial. À cette occasion, tu peux continuer en congé ou passer en temps partiel.

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«Spécial working-mamans»

Pendant le congé parental, ton salaire est suspendu (sauf si tu continues de bosser à  temps partiel bien sûr…). Côté CAF, tu peux prétendre à la «Prestation partagée d’éducation du jeune enfant» (PreParE) : magique comme nom, non ?!

Et à d’autres allocations en fonction de ta situation.

Si tu veux faire tes calculs avant et simuler ton budget voici quelques ressources :  
Sur le site Capital  https://www.capital.fr/votre-carriere/conge-parental-1323770
Sur le site Service Public https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2280

Le congé parental, peut-il être un tremplin pour ta carrière ?

Kouaaaaa…..
Oui je viens de dire que les working-mamans étaient les grandes bénéficiaires du congé parental, car elles gagnaient moins que Monsieur dans bien des cas.

Alors en quoi, cette pause dans ta carrière peut-elle être une opportunité professionnelle pour toi ?

Cette maternité peut être l’occasion d’aborder le travail différemment. 
Tu peux vouloir trouver une autre organisation entre vie perso et vie pro.

Dans le changement de vie professionnelle, il y a plusieurs niveaux, qui peuvent te permettre  de trouver cet équilibre et vivre ta vie de maman, à un moment où tu le souhaites :

  • Garder le même job mais en changeant tes conditions de travail (télétravail, passage à temps partiel, meilleure gestion des temps de vie…)
  • Garder le même job mais changer d’employeur : trouver une boîte qui va mieux correspondre à tes valeurs et t’offrir des conditions de travail en accord avec tes besoins
  • Changer de job salarié, en reconversion partielle ou complète : tu repars en formation et tu construis un nouveau projet
  • Reconversion entrepreneuriale : Tu montes ta mamantreprise, yes !

Ou tu fais un mix de tout ça, et tu deviens «slasheuse», mais j’écrirai un autre article là-dessus.

Le congé parental peut intervenir comme un tremplin pour chacune de ces options :

  • Tu peux prendre un congé parental partiel (16h minimum),
  • Tu peux profiter de ton congé parental  pour chercher un emploi ailleurs,
  • Pour préparer ta reconversion : laisser mûrir ton projet, rechercher les formations qu’il te faut,
  • Voire préparer même ta création d’entreprise (attention toutefois au cumul des mandats, ce que tu as le droit de faire ou pas est encadré par la loi)

Bref, ton congé parental  peut t’aider à articuler ton changement de vie professionnelle et à te réinventer 🙂 

Les inconvénients du congé parental

Si le congé parental peut être une opportunité, il peut aussi être un frein à ta carrière de working-maman.

Car c’est toujours le même tarif pour les mamans :

  • la maternité, en congé parental ou pas, te colle souvent l’étiquette de boulet au boulot (elle laisse les dossiers en suspens, c’est le deuxième enfant en 3 ans, elle est moins disponible qu’avant, elle est moins productive, on peut moins compter sur elle, blablabla)
  • au retour de ton congé parental, tu es censée retrouver un poste aux conditions équivalentes et au même niveau de rémunération. Mais tu risques aussi d’être placardisée parce que tes dossiers ont été répartis, et qu’en 3 ans le projet de l’entreprise a changé (quand la boîte n’a pas été rachetée !)
Le congé parental peut présenter des inconvénients
  • tu perds le fil, tu t’éloignes de l’exercice de tes compétences et, du coup, tu perds confiance en toi
    Plus le congé parental est long, plus il peut être difficile de revenir…
    Parce que tu ne sais plus si c’est de ça dont tu as envie, parce que tu ne sais plus ce que tu vaux, parce que tu as été Mary Poppins pendant 3 ans, et que tu n’es pas sûre que ta boîte ait une fiche de poste équivalente à te proposer…  
  • Ce congé peut être source parfois de friction avec ton conjoint. Si vous n’êtes pas sur la même longueur d’ondes, dès le départ, sur le sujet du revenu. Oui, tu n’as plus de revenu, et ton foyer vit sur les revenus de ton conjoint… qui sont en fait VOS revenus, nous sommes bien d’accord. Mais souvent je vois des mamans culpabiliser, de «se faire financer», de «vivre au crochet» etc.

Comment faire le bon choix ?

Le congé parental est une décision CONCERTÉE et non subie, c’est ça le secret.
Vous posez ensemble la liste des «pour et des contres».
Tu cherches quel sens ça a pour toi.
Comment ça s’inscrit dans une vision du monde et de ta vie plus globale, histoire de bien le vivre, et de faciliter ton retour.   

C’est plus facile quand ça s’inscrit dans ton projet de vie et que tu ressens une cohérence sur le truc.

Vigilance : les fausses croyances et les fausses bonnes idées

Parfois, on idéalise le congé parental, car on en a marre du boulot, et on est dans une logique de fuite.

Attention : ça veut dire que les lunettes avec lesquelles tu regardes ton projet de congé parental ne sont pas propres. 

Tu dois savoir si le congé parental est un projet qui te botte de l’intérieur, et pas une solution qui vient en réponse à une contrainte extérieure (genre pas de mode de garde, ça se passe mal au boulot avec ton chef, ton boulot ne te plaît plus, etc). 

Sinon c’est une fausse bonne idée.

Alors comment faire ?

D’abord un bilan sur la période professionnelle passée, et une projection de tes envies et tes projets persos et pros à 3 ans, par exemple. 

Ensuite, tu regardes dans quelle mesure ton congé parental vient s’articuler avec ça, et si il te paraît juste.

Parce que si le projet de congé parental te motive profondément, qu’il a du sens et qu’il est bien choisi et non subit, alors ce sera top.

Mais si ce n’est pas le cas… à toi les cris, la tension, et la maman frustrée que tu n’as pas envie d’être. Entre les tâches ménagères et la préparation des repas à plein temps, ta vie sociale souvent aux oubliettes (tout comme tes besoins de femme en général). 

Bref, un contexte où tous les supers projets d’activités créatives et éducatives Montessori-friendly avec ton(tes) enfant(s) ne trouveront pas vraiment l’énergie et l’envie d’être mis en place en vrai…

Attention aussi au sujet financier

Combien de working-mamans, qui choisissent le congé parental, se retrouvent finalement  dans la culpabilité, avec l’impression de se faire «financer» leur «pause» par le revenu de leur conjoint. 

(PS : Même si toi et moi on sait que s’occuper d’un ou plusieurs enfants à plein temps n’a rien à voir avec une pause, des vacances ou le manque d’envie d’aller au turbin… Si ton conjoint ne le comprend pas, confie lui juste les enfants à plein temps pendant une semaine de vacances scolaires, pendant que toi, tu quittes la maison de 8h à 18h30, ok ?)

Prépare ton retour !

À ton retour, on t’aura peut-être oubliée au boulot.

Du moins la vie de l’entreprise aura continué sans toi : nouveaux projets, nouveaux clients, nouveaux collègues… 

Du coup, prépare ça bien : tu vas avoir droit à un entretien officiel avec ton N+1 et/ou  les RH. Ca nécessite d’être au clair avec ce que tu veux toi, en termes de reprise ou de poursuite de carrière, ici ou ailleurs. Si tu sais où tu veux aller professionnellement et que tu y as réfléchi avant, il sera plus facile pour toi de t’affirmer, et de faire tes demandes lors de cet entretien de reprise.

Tu es censée retrouver le même niveau de responsabilités et de rémunération.

C’est l’occasion de se poser la question du temps partiel : une reprise d’activité tout en gardant du temps pour ta famille (ou pas). Là aussi ce temps partiel doit être un choix et non une contrainte pour défaut de nounou.

Il se peut aussi que tu n’aies pas envie de reprendre. Quand tu es partie en congé mat’, tu étais au bout du bout. Maintenant tu es sûre, ce job n’est pas fait pour toi. Alors prépare la négociation de ta rupture conventionnelle (qui te permettra d’être indemnisée si tu pars, histoire d’avoir de quoi rebondir financièrement, et du temps).

Parles-en avec ton enfant, prépare le à ton retour au travail. Si c’est difficile pour toi de le quitter, alors imagine pour lui ! Si tu es ok avec les choix que tu fais, tu seras une maman épanouie et lui un bébé heureux. Mais explique lui ces choix, et les changements qu’ils vont impliquer dans sa vie.  

Réorganise le «qui fait quoi» à la maison. C’est non négociable. Parce que si tu as tout assumé à 100% au niveau domestique pendant 1 ou 3 ans, tu vas reprendre le boulot, et la donne va donc changer. Tu ne vas pas avoir les mêmes disponibilités. Donc si on t’en rajoute, il faut qu’on t’en enlève, sinon tu vas t’épuiser.

Et si tu en profitais pour faire le point ?

Je sais que trouver du temps pour soi quand on est en congé parental, c’est une organisation. Mais ne tombes pas dans le piège de «je ne demande pas à mon conjoint de s’occuper des enfants à tel moment pour me libérer pour aller boire un verre ou faire un peu de shopping, parce que lui, il « bosse » déjà toute la journée…»

Libère-toi des plages rien que pour toi.

Rester en contact avec le monde

Des plages où tu vois du monde, des plages où tu satisfais tes besoins de culture, de savoir, de vie sociale. Où tu sors de chez toi, où tu restes en contact avec le monde et ta vie de femme et d’individu.

Profites-en pour recontacter ce que tu aimes profondément, et autorise-toi à exécuter tes envies : démarrer un sport, une activité artistique, associative, un blog …

Et profites-en peut-être pour faire le point.

Parce que plus tu t’éloignes de ton job actuel, plus tu te diras peut-être que finalement tu n’as pas du tout envie d’y revenir.

Dans ce cas-là, le congé parental peut être le bon moment pour se pencher sur le sujet.

Ne fais pas de bilan de compétences, c’est bidon. Je t’explique pourquoi ici.

Fais-toi accompagner plutôt par un mentor ou un coach sur-mesure que tu auras choisi. Il/Elle va pouvoir bosser avec toi non pas sur la recherche d’un projet purement intellectuel, mais plutôt sur ton projet de cœur (Monter une mamantreprise ? Te reconvertir pour aller chercher du boulot ailleurs ? Devenir slasheuse ?…).

J’aide plein de working-mamans en pause-enfant, à préparer leur retour au travail, on peut en discuter si tu veux.

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