La reconversion professionnelle des moins de 35 ans

Reconversion professionnelle des jeunes ?

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Tout juste sortis de l’école, un premier CDI en poche, et déjà veulent-ils se reconvertir ?

La génération Y est souvent vue comme une génération capricieuse, indécise, peu adaptée à la hiérarchie, l’autorité ou encore au monde de l’entreprise.

La réalité de cette génération semble pourtant toute autre : Anne-Laure MICHEL et son équipe du blog Génération Y, sont partis à la rencontre de plusieurs jeunes millennials, qui leur ont raconté leur parcour et leur changement de v(o)ies.

Elle nous en livre des bouts de témoignage dans le texte à suivre. Et c’est bien la perte de sens, qui déclenche souvent ces envies de changement et reconversions, même en début de carrière.

« Pour t’en sortir, il faut un bon diplôme et un bon métier »

Revenez un peu arrière, tout juste sortis du collège/lycée, jeune et insouciant, et déjà avait-il fallu que vous preniez une décision cruciale, qui vous le pensiez à l’époque, allait devoir conditionner les futures années de votre vie d’adulte…

Justine, 28 ans, à cette époque ne savait pas vraiment que faire de sa vie : « Les personnes qui ne sont pas très bonnes à l’école sont dirigées vers des filières courtes et manuelles. Moi j’étais bonne élève, on m’a donc orientée vers une filière longue, un cursus de Droit ».

Elle évoque l’importance qu’a eu la pression familiale sur sa décision : « Je viens d’une famille qui a toujours dû travailler pour s’en sortir, et donc c’est vrai qu’on me l’a souvent répété : “pour t’en sortir, pour gagner ta vie, il faut un bon diplôme, un bon métier”. »

Charlotte, 30 ans, ex-attachée de presse, se souvient: « On m’a demandé de choisir une voie beaucoup trop tôt par rapport à ma maturité, par rapport à ce que je connaissais de la vie. On me disait souvent “ah bah toi t’es bonne en communication”, et du coup sans trop réfléchir je me suis lancée là-dedans. »

Constat partagé pour Sébastien, 35 ans, fils de fonctionnaires, qui s’est lancé dans des études de STAPS pour devenir professeur de sport : « À 20 ans on n’a aucune idée de ce qu’on veut faire dans la vie. On rentre facilement dans un système, un certain conformisme, on suit le rythme de nos voisins, de nos parents etc. On cherche une certaine sécurité, pour moi à l’époque de mes études devenir fonctionnaire c’était une manière d’avoir cette sécurité qui devait m’apporter le bonheur que tout le monde recherche. »

La première expérience professionnelle… et la prise de conscience :

À la sortie des études, plus ou moins longues, voilà qu’arrive alors la première expérience professionnelle… et pour certains, le désenchantement. 

Le parcours professionnel de Mathilde, 28 ans, semblait sur le papier pourtant tout tracé : Diplômée de l’IEP de Lyon, un stage à l’ONU, une expérience à l’étranger, puis dès son retour à Paris, un CDI dans une ONG en solidarité internationale : « Le travail avait un côté intéressant, mais à partir de ce moment-là je me suis réellement posée des questions sur ma posture au travail. Je me levais chaque matin, j’allais au bureau, assise sur une chaise, derrière une table. Je n’arrivais plus à trouver du sens à cela »

Même constat pour Charlotte : Lorsque qu’elle s’est vue proposer un remplacement de congé maternité dans une agence de relations-presse spécialisée dans la décoration et le design, (« le poste le plus envié de la boîte » décrit-elle pourtant), elle peine à trouver du Sens à ce qu’elle fait :

« Je devais placer la marque dans les magazines et donc je passais mes journées à envoyer des photos de meubles… Ça ne servait à rien, je ne défendais rien en faisant ça. Ça n’avait strictement aucun sens. »

Le constat est posé : l’absence de sens au niveau professionnel et des conséquences peuvent parfois aller très loin pour nos jeunes millennials.

Parfois, c’est le corps dit stop

Mathilde se souvient de son passage dans l’ONG en solidarité internationale et raconte : « J’avais beaucoup de travail, de pression. J’avais l’impression que ma vie était une to-do list, ça n’allait plus. J’ai eu du mal à l’accepter au début, mais on m’a mise en arrêt de travail. » 

Pour Charlotte aussi c’est son corps qui a dit stop : « Un jour je suis littéralement tombée la tête sur mon clavier. Impossible de me redresser. Une chape de plomb m’était tombée dessus. Je suis tombée dans les pommes et ça a été le début de la descente aux enfers. »

Victor, 32 ans, ancien joueur professionnel de handball témoigne : « Je n’ai jamais vraiment voulu devenir joueur pro, je n’ai jamais aimé le coté professionnel du milieu. Mais j’étais bon, je jouais avec mes amis. Pourtant, à un moment, j’ai craqué physiquement : on m’a diagnostiqué un burn-out. Ça a été la période la plus difficile de ma vie ». 

Pour certains, la prise de conscience se fait davantage en douceur : un voyage, des rencontres, une expérience ou le simple fait de regarder autour de soi : « J’ai réalisé que tous les gens qui étaient autour de moi, les étudiants, les profs, les intervenants, ça ne pouvait pas être mes futurs collègues, j’étais trop différente, ce milieu ne pouvait pas être fait pour moi. » nous raconte Justine.

Reconversion : Une zone de confort souvent difficile à quitter

Quelqu’en soit la manière, les jeunes que nous avons rencontrés ont tous pris conscience qu’une chose n’allait plus, qu’ils n’étaient plus heureux dans leur travail. Ils ne s’imaginaient pourtant pas devoir faire face à une étape décisive : accepter de sortir de leur zone de confort et réagir pour aller mieux.

Sébastien en sait quelque chose : « On a tous une zone de confort. L’endroit où on vit depuis des années, les amis qui sont à la porte d’à coté, le boulot que l’on connait par cœur, le bon salaire qui rentre tous les mois… Et pourtant pour certaines personnes, il manque toujours quelque chose, un souhait secret, une envie qui fait peur car elle peut sembler impossible à atteindre. C’est en sortant de cette zone de confort justement que l’on peut laisser la magie faire son travail. »

Et maintenant, qu’est-ce que je vais devenir ?

Sébastien, qui a pris conscience que le métier de professeur de sport n’était pas fait pour lui, nous fait part de sa théorie:

« Tu commences alors à te poser des questions, les bonnes questions :

Qu’est ce que j’aime vraiment ? par exemple. Parfois tu ne sais pas, et puis petit à petit, avec des expériences que tu tentes, les opportunités que tu saisis, tout ça t’aide à répondre à ces questions… Personnellement, l’année de césure m’a été bénéfique, ça m’a permis de faire grandir ce que j’appelle « mon arbre des possibles ». Le tronc c’est toi, ta vie, ton socle, et plus tu avances, plus tu montes dans les branches et plus tu te rends compte qu’il y a pleins de branches différentes, des branches dont tu ne savais rien, même pas qu’elles existaient et que tu découvres grâce aux rencontres, aux expériences que tu vis. 

Après son année de césure, et suite à quelques rencontres opportunes, Sébastien suit une  formation en commerce international qui débouche sur une mission aux Philippines. Ne s’y sentant toujours pas à sa place c’est en voyant l’exemple de son patron que l’idée de devenir lui aussi auto-entrepreneur lui effleure l’esprit :

« Monter ma boite, c’était une manière de reprendre le contrôle de mon temps, de ma vie. De me tester aussi. J’étais entré dans le rythme « métro-boulot-dodo »! Quitte à donner ton temps, autant que ce soit pour quelque chose qui te tienne vraiment à cœur, qui soit proche de toi. J’avais un peu moins de 30 ans, je me suis dit que c’était le moment où je pouvais prendre le risque de faire ce dont j’avais vraiment envie. »

De son côté, Mathilde alors en arrêt de travail, se souvient : « Depuis toujours je disais en mode blague “un jour je serai fromagère ; j’aurai mes chèvres, je ferai mes fromages“. Lors de mon burn-out, mon entourage m’a alors dit “Et pourquoi pas ?“»

Charlotte après une longue thérapie avec une naturopathe, se remet quant à elle à la recherche d’un travail dans le secteur de la communication. Mais une deuxième mauvaise expérience lui fait alors réaliser que ce milieu n’est pas fait pour elle. Elle se rappelle alors de sa rencontre avec la naturopathe : « Je me disais que ça m’avait vraiment aidée et que j’avais envie moi aussi d’aider les gens. Je voulais partager ça avec d’autres personnes. Ça, ça avait du sens ». 

Justine, après l’obtention de son Master en banque, se voit proposer un « super poste » en CDI dans une banque à Abbeville. Pourtant après une semaine de randonnée équestre en Corse, elle a un déclic : c’est là bas qu’elle veut faire sa vie. Face à sa proposition de poste, elle se souvient : « Jusqu’à la veille au soir impossible de me décider… et finalement j’ai décidé de décliner l’offre et de partir en Corse. J’ai suivi mon instinct… cette vie-là ce n’était pas pour moi ». 

Désormais décidés à changer, nos millennials n’échappent pas au parcours classique de la reconversion : recherche de formations, d’aides, de passerelles. Un parcours parfois semé d’embuches mais les efforts paient :

Mathilde décroche son diplôme de fromagère suite à une formation de 500h en alternance dans une fromagerie parisienne. Six mois plus tard, elle rejoint les rangs d’une fromagerie française à San Francisco.

Justine, désormais guide de tourisme équestre en Corse fait le bilan : « Aujourd’hui, je gagne moins bien ma vie que si j’avais poursuivi dans le secteur de la banque, je ne peux pas m’acheter les derniers vêtements à la mode, faire des voyages à l’autre bout du monde, mais au fond je suis plus heureuse comme ça. »

Charlotte ne s’est jamais sentie aussi épanouie dans son travail que depuis qu’elle gère le coin naturopathie d’une pharmacie à Marseille.

À Sébastien, désormais auto-entrepreneur dans le secteur qui le passionne de conclure : « Bien sûr tout n’est pas toujours facile, tu prends des risques, des fois tu gagnes des fois tu perds, mais se lever le matin et savoir que ce que tu vas faire aujourd’hui te fait vraiment plaisir, ça n’a pas de prix. »

Et pour retrouver l’intégralité des portraits : www.generation-y.org  

Une réflexion au sujet de « La reconversion professionnelle des moins de 35 ans »

  1. Bonjour,

    Ces témoignages sont très intéressants et traduisent exactement la raison pour laquelle j’ai lancé mon projet LesNouveauxTravailleurs, avec lequel je veux aider ceux qui ne se sentent pas bien dans leur vie professionnelle à trouver ce qui pourrait les rendre plus heureux. Et mettre en place ce changement. Je pense que faire part de ces témoignages comme vous le faites est ausis un bon moyen d’inspirer ces personnes 🙂

    Bien que faisait partie de cette génération Y, je n’ai pas vécu d’énorme déclic. Mais plutôt des dizaines de petites pensées qui m’ont amenées de mon premier job en CDI à Paris, à un projet d’entrepreneuriat à deux, puis à mon projet actuel en solo et grâce auquel je viens de partir voyager (tout en travaillant sur mon projet) en Amérique Latine, mon rêve depuis quelques années. J’écris ce commentaire depuis la terrasse de ma maison du moment à Huajchilla, à côté de La Paz en Bolivie, entourée de montagnes, et ça me rend très heureuse :D.

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