Changeons de regard sur les mères qui bossent !

Notre société a un problème avec les mères qui travaillent.

Les working-mamans.

Les femmes qui bossent, ET qui ont des enfants

Pourtant, avoir des enfants ET un travail quand on sera grande, ça n’a pas l’air d’être un truc complètement déconnant, non ?

Sauf qu’apparemment, si.

Dans la sphère professionnelle, on se méfie des mères

Dans la sphère professionnelle, on se méfie des mères.

Parce qu’elles sont réputées plus absentes. Moins fiables. Plus imprévisibles. Moins concentrées. Moins focus sur leur travail.

Alors non, messieurs-dames. Elles ne sont pas moins focus.

Elles ont juste un focus sur un spectre beaucoup plus large, que leur seul travail.

Les mères doivent TOUT réussir

Leurs études, leur travail, leur couple, leur corps, l’éducation de leurs enfants, et les bentos bios de toute la famille.

Elles sont les project managers de leur foyer, en plus de leurs responsabilités au travail.

Parfois en allaitant, et souvent avec des nuits de 4h de sommeil.

Tributaires de leur contrat-crèche, et sans oublier de passer chercher le colis à la poste, d’organiser les vacances, ou d’aller à la réunion parents-profs.

En s’efforçant de faire TOUT au mieux.

En fait, les mères actives sont incroyablement productives et results-oriented.

Pas de temps perdu. Aucun.

Optimisation à base de listes, d’applis.

Les contraintes horaires sont respectées, ce qui doit être produit est produit, dans un timing qui ne laisse pas de place à la surprise.

Avec des moyens optimisés (pas toujours d’aide-ménagère, et jamais d’assistant administratif, vous remarquerez).

N’empêche qu’on les embauche moins, qu’on les paye moins cher, qu’on les promeut moins, qu’on les oublie plus (hello le placard au retour du congé parental !), et qu’on ne leur laisse rien passer (« Tu pars à 17h ? On a tous une famille, tu sais… »)

Ces mères, le monde du travail ne les comprend pas, ne les aide pas.

Et nous sommes tous spectateurs/acteurs de ça.

À commencer par les mères elles-mêmes. Qui s’auto-censurent, qui n’osent pas affirmer leurs besoins, effectuer des demandes par crainte du jugement, d’être cataloguée par les collègues, par le chef, etc.

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Il y a aussi les conjoints (« T’as repassé ma chemise, elle est où ? » )

Il y a le service public (Vous avez besoin d’une place en crèche ? Faites la demande dès 3 mois de grossesse dans certaines villes, parce qu’après c’est foutu…)

Et il y a l’entreprise. Et dans l’entreprise, les recruteurs sont en première ligne.

Femmes et mamans des contraintes multiples

Parce qu’ils sont les physios à l’entrée de la discothèque, vous voyez ?

Ils ont un cahier des charges, et ils disent si oui ou non, l’ultra-compétente mère de 3 enfants qui veut reprendre un job après sa pause bébé de 3 ans, a le droit d’entrer, ou pas (« Désolée madame, c’est une soirée privée ce soir »)

Quand je dis  « recruteurs », je pense aussi aux recruteuses bien sûr.

En fait à toutes celles et ceux qui sont capables de choisir et de sélectionner une recrue à un moment donné.

C’est-à-dire pas mal de monde, en fait.

Il y a par exemple ce directeur commercial qui dit à sa collaboratrice de 27 ans  « je te paye moins que ton collègue masculin, parce que contrairement à lui, quand je t’ai embauchée, je savais que je ne pourrais compter sur toi que 3 ans max ».

Il y a cette RRH qui pose la question à cette candidate : « Combien d’enfants avez-vous ? 4 ? Ah j’imagine que ça fait du boulot. Notre entreprise a besoin de recruter quelqu’un de confiance et qui sera disponible à 100%. Le serez-vous, malgré vos obligations ? »

Il y a ce patron de PME qui dit à sa commerciale « En t’embauchant, je te confie beaucoup de responsabilités, et j’investis beaucoup sur toi, en formation. Je veux que nous ayons un contrat moral ensemble : Tu ne fais pas d’enfant dans les 5 ans à venir ».

Il y a ces milliers d’offres d’emploi (souvent rédigées par des femmes) qui disent « grande disponibilité requise ». Et qui n’en disent pas plus, mais tout est dit quand même.

Toutes ces situations existent dans la vraie vie, et il y en a plein d’autres.

Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’une working-maman ne vienne me raconter une autre histoire comme ça.

Et à chaque fois, ça me court sur le haricot (manière polie de représenter Hulk dans sa phase maniaque…)

Parce que vous savez ce que c’est, en réalité, le problème ?

Le problème c’est que ces situations sont ordinaires.

Elles ne sont pas normales, mais elles sont ordinaires.

On fait avec.

Récemment Le Figaro, L’Obs, Marie-Claire ou autre : Tous nous alertent, tout le temps.

On nous parle de la discrimination des mères au travail, d’inégalités salariales. Du plafond de verre, de la charge mentale.

Mais rien ne change.

On le lit, on s’offusque, et on finit par regarder une vidéo sur Konbini, puis par oublier.

Mais ce n’est pas normal, de faire avec ça.

Doit-on attendre que les féministes viennent nous sauver ?

Bof. Trop lent.

Je préfère avoir foi en la capacité de toutes les « Madame Michu » de France, de faire leur part du colibri ici et maintenant, pour finir par trouver leur juste place dans le monde du travail :

Mesdames trouvez votre vraie place dans le monde du travail
  • En confrontant les recruteurs Je ne pense pas que cette question ait sa place dans cet entretien d’embauche, si ? »)
  • En choisissant les offres d’emploi auxquelles elles postulent (Sans se dire « ça, je peux faire », mais en se disant « ça, je veux faire »).
  • En se sentant libre de quitter une position, un employeur insatisfaisant, un job inconfortable, une situation discriminante (en France, c’est possible, je vous assure)

Alors qu’est-ce qu’on fait, en tant que recruteur, pour changer le monde ?

À compétences égales, doit-on préférer de sélectionner une mère trentenaire pour un poste, plutôt qu’un homme trentenaire ?

Autrement dit on fait de la discrimination positive ?

Le problème, c’est que tant que le mindset « d’inégalité par défaut » vis-à-vis des mères sera légion, il y aura toujours quelqu’un pour montrer cette femme du doigt, parce qu’elle aura « piqué le poste d’un mec peut-être plus compétent ».

Le premier truc à faire, c’est donc de changer d’état d’esprit.

Non, les mères n’ont pas de demandes « hors normes », en termes de flexibilité de la part de leur entreprise.

Ce sont les entreprises qui sont inadaptées aux contraintes de potentiellement 50% de leurs salariés.

Tout en nuance, donc.

Les mères fournissent déjà un gros effort, en décidant de bosser :

Parce que cumuler une journée de travail ET une soirée de home-project manager, C’EST une contrainte.

Parce que n’avoir que 5 semaines de CP par an, quand vos enfants ont 16 semaines de vacances, C’EST une contrainte.

Parce que se coller des réunions planifiées à 17 ou 18h au boulot, C’EST une contrainte.

Parce qu’être la maman qui arrive toujours en dernier au périscolaire, et qui récupère son gamin qui joue encore tout seul, C’EST une contrainte.

Parce que s’offrir les services d’une nounou de 7h30 à 18h30 ce n’est pas gratuit et C’EST une contrainte (oui, en fait les mères payent pour travailler)

Parce que les déplacements professionnels, les dossiers qu’on amène à la maison parce qu’un projet vient de tomber et qu’il est à boucler pour hier, C’EST une contrainte.

Donc les contraintes viennent bien du travail.

Et quand une mère demande à partir plus tôt, parce que son enfant est malade et que la crèche ne le garde pas. Qu’elle propose de rattraper ses heures et qu’on lui répond que ce n’est pas possible parce qu’elle ne doit pas montrer le « mauvais » exemple à son équipe, C’EST une contrainte.

Ce sont les entreprises qui ne sont pas assez flexibles avec celles qui portent la cellule familiale. NOS cellules familiales (et je ne parle même pas des mamans solos, à qui j’embrasse les pieds par la pensée à cet instant).

Moi, j’ai deux petites filles.
Plus tard, elles feront ce qu’elles CHOISIRONT de faire.

En tous cas, mon engagement, c’est de faire tout ce qui est en mon pouvoir aujourd’hui, pour leur construire une société dans laquelle elles auront le choix, professionnellement.
Par mon travail, qui est d’accompagner les mères à choisir leur carrière plutôt qu’à la subir, je change la société.
Je crée du choix. De la liberté. De l’égalité.

Et ça me rend heureuse et très fière.

Recruteurs, recruteuses, dites-moi que nous faisons partie de la même équipe.
Que nous servons le même projet.
Celui de construire, chacun à son niveau et de manière active ici et maintenant, une société plus égalitaire.
Où chacun, chacune a le choix, et la possibilité d‘exercer son potentiel, de mettre son énergie au service du collectif.
Sans se heurter à un plafond de verre, ou un « plafond de mère » (terme brillant que j’emprunte à Marlène Schiappa).

Partagez vos bonnes pratiques sous ce post.
Votre vision du monde.

Montrez aux mères qui vont nous lire, qu’elles ont le choix, dans votre entreprise.

Que ce sont bien uniquement la compétence et le savoir-être qui conditionnent ce qui est possible, pour une mère, dans le monde du travail aujourd’hui.

Changeons le monde.
Changeons de regard sur les mères actives, et soutenons celles qui nous portent.



Changeons le monde,
changeons de regard sur les mères actives

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Cet article a 15 commentaires

  1. Ah ben oui, effectivement, ça dépote… et p*** QUE CA FAIT DU BIEN !
    J’ai accompagné pendant près de 10 ans des personnes en recherche d’emploi, dont combien de mères qui se heurtaient à des portes closes à cause des « contraintes familiales » ?
    Merci pour cet article qui pose les bonnes questions.
    Pour ma part, je nuancerais juste un propos : nous sommes toutes concernées, et c’est toutes ensemble que nous ferons avancer la société, les femmes « lambda » ET les militantes politiques… parce qu’à mon sens, il ne faut surtout pas dépolitiser le débat… quand on voit ce que vivent les femmes en politique, je peux te dire qu’on est toutes dans le même bateau !

    1. Merci pour ton commentaire Sofia, et tu fais bien d’ajouter ce mot sur le féminisme politique. En fait j’ai apporté une modification du coup, parce que ma tournure était maladroite, c’est vrai >> Je disais « les féministes me gonflent », mais en fait ce ne sont pas elles qui me gonflent, c’est la lenteur dont est suivi d’effet le combat féministe, malheureusement. En fait, je pense qu’ici et maintenant, chacune peut agir et reprendre de la puissance en s’affirmant et en combattant contre les injustices et les aberrations (je donne des exemples dans l’article). Voilà voilà :))

  2. Super article Bérangère ! Oui changeons le monde.
    Pour ma part j’ai du « omettre » d’informer ma drh que ma super recrue que je passais encdi était enceinte. Je ne regrette rien, elle est top. Mais s’ils avaient eu l’info ca aurait été non.
    Je suis particulièrement choquée par les femmes recruteurs qui font ce genre de sexisme.

  3. Françoise ça me donne envie de consacrer un article aux femmes enceintes !! GRRR. Oui je suis bien d’accord avec toi, c’est incompréhensible. Y’a une personne que je connais et qui aurait dit « Sororité is the power! » ;)))

  4. Bonjour Bérangère !
    Je ne suis pas concernée car pas maman, mais je tenais à t’écrire que cet article est juste EXCELLENT !!
    J’ai moi même fait beaucoup de recrutement au temps où j’étais DRH, et je me suis souvent retrouvée à poser ces satanées questions dont tu fais référence dans cet article. Parce que la logique de l’entreprise et du « tout performance » et « y’a que ça qui compte les hommes et les femmes de l’entreprise, ça passe après » était légion (et l’est toujours…). Alors bravo pour ta contribution à changer le monde ;-). Moi j’essaie de faire aussi ma partie pour que les personnes « tombées » pour burn out, retrouvent gout au travail par un projet épanouissant 😉 chacun sa croix 😉 !!

    1. Catherine, merci pour ton retour, et pour ton honnêteté, ça me fait super plaisir :))
      Ton projet est super, tu peux aider vraiment beaucoup de monde !

  5. Merci Bérangère pour cet article qui va alimenter ma banque d’arguments à tou-te-s les rétrogrades du marché du travail, qu’il soit en entreprise ou dans l’entrepreneuriat ! Car là aussi, on a encore de pain sur la planche ! Il me redonne une pêche d’enfer … à moi la « Marianne » sur sa barricade !

    1. yeeeeeah Isabelle :)) Mais t’inquiètes, nous, les Marianne et les autres aussi, sommes en train de faire avancer les choses :))

  6. Bonjour Bérangere
    Merci pour ce texte pleins de vérité. Une anecdote remontant à plus de 10 ans. Parisienne enceinte et souhaitant me rapprocher de mon futur mari grenoblois, nous cherchons maison et boulot sur Lyon. Je rencontre un biologiste super sympa proche de la retraite chez qui je devais bosser en tant que salariée un an puis qui devait me céder ses parts pour son départ à la retraite. Entretien nickel je convenais parfaitement. Honnête, transparente et sans doute naïve j annonce mon début de grossesse. Et là coup de théâtre la femme du biologiste me propose de rédiger une lettre de démission sans date qu ils conserveraient au coffre en cas de besoin…Enorme non?

    1. Merci pour ce partage Mélanie, c’est hallucinant…Mon cerveau bug, je n’arrive pas à comprendre cette femme…

  7. Bonjour Bérangère,

    Comme toujours, je suis une vraie adepte de vos articles. Pour ma part, je salue toutes les working-mamans car il est vrai que notre tâche est grande au quotidien. Il faut changer le monde et se battre pour qu’il soit meilleur. Changer les mentalités vis-à-vis des femmes au travail. Nous devons avoir la même reconnaissance que nos collègues masculins. Trop de discriminations, de préjugés sur les working-mamans. Il faut changer les pratiques encore trop archaïques lors des entretiens de recrutement, et adopter une nouvelle vision plus positive, plus objective et constructive sur les échanges en entretien. Je dirais que c’est à nous, RRH/DRH que revient ce rôle d’impulser un nouveau mode. Faire tomber les barrières et permettre aux working-mamans ou tout simplement femmes au travail d’être considérée à notre juste valeur.
    Je valide votre article !
    Bien cordialement.

  8. Salut Bérangère,
    J’adore ton article comme toujours! Et je milite chaque jour avec une équipe de 10 personnes, 9 mamans et 13 enfants à notre actifs :)! Et je milite aussi pour que des working-papas impliqués autant que nous les mamans rejoignent le combat!
    Bise,
    Cécile

    1. Ravie Cécile de te retrouver ici, ça fait une belle équipe tout ça !
      C’est vrai : il y a plein de working-papas qui n’attendent que d’être invités, pour participer à la fête 😉
      Bravo !
      Bérangère

  9. Très bel article félicitations. En tant que maman solo, je ne peux que valider.

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