Se lancer à son compte pour devenir coach, la RECONVERSION de Nathalie


Je reçois aujourd’hui Nathalie Antonio Giraud.

Bérangère : Nathalie, je te suis depuis quelques années, et que je trouve que ta présence sur les réseaux sociaux et ce que tu fais avec les jeunes entrepreneuses et les moins jeunes, c’est vraiment imprégné de ton style très bienveillant, et je voulais te rencontrer  pour que tu puisses parler de ce que tu fais, et parler de l’entrepreneuriat avec nous. Tu peux certainement inspirer certaines personnes qui nous regardent et nous écoutent.

Peux-tu nous dire qui tu es ?

J’ai créé Rêv’elle coaching fin 2012, et aujourd’hui j’aide les femmes qui ont créé leur activité à regagner confiance en elles, et à trouver des clients.

Je travaille sur les aspect émotionnels de l’entrepreneuriat, se rendre visible, dépasser sa peur des réseaux sociaux, et aussi l’aspect plus technique, marketing : comment créer un circuit de vente, comment créer des clients, se faire connaitre, etc.

Avant cela, j’étais moi-même dans le marketing et la vente. J’ai travaillé pour de grands groupes américains comme Microsoft, Mars dans la vente et le marketing. Et puis j’ai travaillé aussi dans des start-ups principalement à l’étranger (Maroc, Irlande, Italie).

Je travaillais dans la vente au départ, ensuite dans le marketing, et ça se passait plutôt bien.

J’avas de bons résultats, je m’entendais bien avec mes collègues, mais je sentais au fond de moi qu’il me manquait quelque chose. Je me disais « je ne peux pas faire ça toute ma vie ». Et au fur et à mesure que le temps à passer, je me sentais de moins en moins bien, de moins en moins à ma place.

Ça a été compliqué pour moi, car je ne tirais plus satisfaction du travail que je faisais. J’étais en pilote automatique. C’est arrivé au stade où, dans une des sociétés dont je tairais le nom, j’ai connu du harcèlement moral. Ça a été la chose qui a remis en question ce que je voulais faire de ma vie professionnelle.

Ça a été un déclencheur ?

Il y avait un mal-être qui était la depuis longtemps, mais que je n’écoutais paS, en me disant « c’est comme ça, il faut travailler, c’est bien payé, de quoi je me plains ? »

Et puis je me disais « c’est ça la vie ». Même si au fond de moi, je sentais que ça en durerait pas longtemps.

J’étais tombée malade une première fois, je me disais que ça n’avait rien à voir, mais je somatisais. J’avais mal au ventre en allant au travail.

Et finalement, le harcèlement moral ça a été la vague de trop. Je me suis dit « là, ça y’est ». Je ne pouvais plus continuer, donc j’ai quitté l’entreprise dans laquelle j’étais. Et là, ça a été une vraie période de remise en question. Je n’étais plus dans ce processus de travail, et je me suis demandée « Est-ce que j’y retourne ? »

Tu t’es créée de la place pour engager ta réflexion ?

En fait, je ne me sentais pas suffisamment forte pour fair elle deux en même temps. Le travail que je faisais était très demandeur. Je faisais pas mal d’heures, j’avais des responsabilités. Et le soir, quand je rentrais, je ne me voyais pas amorcer du tout une réflexion sur ce que je voulais faire. D’ailleurs c’était le flou total.

Bérangère : Il y a deux types de personnes dans les gens que j’accompagne :

  • les gens comme toi qui se font de la place pour pouvoir réfléchir
  • les gens qui se sentiraient plus sécurisé de garder mon job jusqu’au moment où je me mets en recherche ou en création d’entreprise

Mais quand il y a une charge émotionnelle qui est si forte, ou comme tu l’évoques un souci de harcèlement moral (ce qui est très grave), c’est archi difficile de superposer les deux, je comprends.

Nathalie : D’abord, j’ai arrêté, j’ai pris 4 ou 5 mois, où j’ai vécu sur mes économies. J’étais à l’étranger, donc il n’y avait pas le système de chômage. Mais au bout d’un moment, il fallait bien payer ses factures. Et le stress se rajoutait : non seulement je ne savais pas ce que j’allais faire, mais en plus il n’y avait pas de rentrée d’argent.

Donc j’ai pris le parti de donner des cours de français à des professionnels italiens, dans des sociétés italiennes. j’ai passé une maîtrise de Français langue étrangère en parallèle, mais c’était histoire de patienter.

C’était un boulot qui me plaisait suffisamment pour que ce soit agréable, et qui n’étais pas non plus très chronophage. Ça payait les factures, et ça me laissait du temps de réflexion.

Bérangère : Tu t’es construit stratégiquement ta transition, parce que tu t’es créé une étape pour ne pas passer du tout au rien, et tu as fait une transition en douceur qui t’a permis aussi de retrouver un peu de plaisir dans le travail.

Nathalie : Quand on le dit comme ça, effectivement c’était stratégique. Mais à l’époque c’était plus au feeling.

Bérangère : Et puis on fait ce qu’on peut, parce qu’on se trouve dans l’urgence, dans un état émotionnel…

Quand on est dans une transition professionnelle forte, ce qu’on appelle un changement de type 2 en coaching, on travaille sur un changement d’identité.

Il y’a  toute une légitimité et eux expérience à reconstruire. Et émotionnellement, c’est pas toujours facile.

Nathalie : Cette période de transition qui était nécessaire pour moi, dans le sens où prof de français, ce n’était pas mon identité. Même si j’adore les langues, j’adore apprendre. Mais ce n’était pas mon identité professionnelle.

Quand on me disait « qu’est ce que tu fais ? » je disais que je faisais ça en attendant, mais je ne me sentais pas à ma place. Il y avait de la frustration.

Comment es-tu allée vers ton nouveau métier ?

J’ai beaucoup cherché, j’ai lu beaucoup de livres. Jusqu’au jour où j’ai eu une prise de conscience ou je me suis dit « il faut arrêter de chercher, on va commencer à trouver ».

J’adore apprendre, chercher de nouvelles voies, et ça restait toujours dans le domaine de l’intellect. J’imaginais ce que ça pourrait être de faite tel ou tel job, mais je n’étais jamais sûre. Alors j’ai voulu passer à autre chose.

J’aime écrire, et j’écrivais des contes. J’écrivais des contes de gens qui avaient trouvé leur voie. Et ça, ça a fait comme un shift dans mes croyances, et ça m’a permis de voir les choses différemment.

J’ai commencé à vouloir expérimenter plutôt que de réfléchir.

J’étais en relation avec une sophrologue pour un travail plus personne, mais ce travail là m’a permise de travailler des choses plus professionnelles. Donc j’ai commencé à suivre des formations, des ateliers autour du développement personnel dans le concret.

Et c’est ça qui a transformé mes croyances, qui m’a permis de reconstruire ma confiance, et qui m’a amenée à l’idée que j’ai eue à ce moment-là d’aider les femmes parce que j’étais en relation, à cette époque là avec des praticiennes de bien-être et développement personnel. Elles ne parvenaient pas à votre de leur activité, alors qu’elles se débrouillaient très bien dans leur métier.

Et c’est venu de là.

Bérangère : C’est juste parfait ce que tu dis, parce que ce que nous explique, c’est que ton changement et le fait d’avoir acteurs ce qui était fait pour toi, ça a été en fait un mix entre connaissance de soi et action.

Nathalie : Je fais partie des gens qui aiment apprendre et réfléchir. Et je sais que si je n’avais pas eu ce shift, je pourrais encore être en train de chercher ma voie. Ma conviction, c’est qu’on ne peut pas savoir que c’est sur notre voie si on n’a pas testé.

Bérangère : Autre chose qui peut nous rattraper quand on est trop dans la réflexion, ce sont les contraintes bassement matérielles. Et il faut qu’on aille agir, et c’est devenu urgent. Donc passer de la réflexion au concret, ça permet d’être au contact de ses ressentis pour savoir si on marche sur le bon chemin.

Nathalie : ça permet d’ouvrir des portes. Le premier chemin que j’ai pris n’était pas forcément le bon : les ateliers d’écriture. Mais j’ai accepté, pour une fois, de ne pas trop me poser de questions et d’avancer.

Ce rencontres t’ont aidées à devenir ce que tu es aujourd’hui ?

Ça a allumé quelque chose chez moi. Toutes ces personnes qui sont en reconversion, qui ont une passion, une mission, une vocation, elles sont freinées parce qu’elles n’ont pas les compétences marketing et commerciales. J’avais besoin de faire le pont entre les deux.

Je m’étais formée au coaching, à la PNL, à l’art-thérapie, mais j’étais encore un peu divisée. J’avais mon ancienne vie, et ma futur nouvelle vie, et il n’y avait pas de point entre. Et je sentais que ça n’était pas bon pour moi.

Mon activité m’a permis de réconcilier les deux, d’avoir une identité plus complète que celle que j’avais avant.

Comment travailles-tu avec tes clientes ? Qui sont-elles?

Ce sont des femmes qui sont soit dans le développement personnel, soit créatives. Toutes sortes de solopreneurs. Le plus souvent, ce sont des femmes qui ont un profil introverti, mais dans le bon sens du terme. Qui sont plutôt réservées. Qui n’aiment pas passer beaucoup de temps sur les réseaux. Qui préfèrent les relations interpersonnelles. Qui se sentent à l’aise en session avec leur client davantage que dans des groupes.

Ces femmes-là, elles ont aussi vécu cette reconversion. Et souvent, il y a une part de douleur, de souffrance . Parce que les reconversions ne se passent pas toujours dans la joie. La confiance est souvent endommagée, ainsi que la légitimité, surtout parce qu’on change complètement. Passer de comptable à sophrologue, c’est un pas énorme

Et s’affirmer dans le monde et dire aujourd’hui voilà mon identité, ça demande du courage. Le coté émotionnel où je vais les aider à oser affronter leurs peurs.

Tu ne peux réussir que quand tu es pleinement toi-même.

Authentique à 100%. Et je sais que c’est parce que je n’arrivais pas à assumer une partie de ma personnalité, que je restais dans un job qui ne me convenait pas.

C’est ça qui m’a permis de développer tout le reste. On travaille ces aspects, mais aussi toute la technique : comment créer une offre, comment poser un prix, comment se faire connaitre, comment utiliser les réseaux sociaux quand on n’aime pas ça, comment on vend quand on a peur de vendre, etc.

Bérangère : Aujourd’hui beaucoup de business passe par le web, et il y a deux niveaux de complexité :

  • je n’ai pas la fibre commerciale, il est difficile d’aller vendre mon produit, m’affirmer en tant que compétence là dessus
  • et sur le web : connaitre les nouvelles techniques

Il est donc très important de se faire accompagner là-dessus .

Nathalie : et ça génère certaines peurs : peur du jugement, peur de se montrer sur Facebook, sur Youtube,etc. Ça peut révéler certaines peurs.

Souvent, on oublie, quand on se reconvertit dans l’entrepreneuriat, notre métier numéro 1, c’est entrepreneur. Ce n’est pas coach ou webmaster, c’est entrepreneur. Et souvent, cette part-mà, elle est négligée, ce qui fait qu’on a du mal à trouver des clients.

Aujourd’hui es-tu heureuse dans ta nouvelle identité professionnelle ?

Aujourd’hui, ça a changé beaucoup de choses dans ma vie professionnelle parce que j’adore ce que je fais, mais aussi dans ma vie personnelle, parce que je me sens plus sûre, plus confiance. Plus de joie, de créativité. J’ai énormément d’idées, de projets, de choses que je veux faire, et j’ai ce sentiment d’être à ma place. C’est fort, parce que c’est quelque chose après quoi j’ai couru des années ? Et aujourd’hui, le matin je me lève et je sais ce que je dois faire et pourquoi je le fais.

Bérangère : Dans ton témoignage, ce qui est très aidant je crois, c’est que tu n’as pas eu de déclic. Tu nous parles d’un cheminement qui n’a pas forcément été simple tout le temps, avec des étapes, et c’est ça la vérité. Je voudrais que ce message passe, et que trouver sa voie par un déclic, c’est hyper rare.

Nathalie : Moi aussi j’avais cette envie de trouver ma voie par un déclic. Mais je veux rajouter que même quand tu as trouvé ta voie, tout n’est pas simple. Il peut y avoir des obstacles. Moi je savais que c’était ça, et ça m’a déployer de nouvelles compétences, de dépasser certaines peurs.

Bérangère : Et le petit bonus, c’est que ça évolue en permanence, et ça ne se termine jamais, cette quête !

Qu’est-ce qui t’a aidé à changer ?

Nathalie : 2 choses principales :

  • le retour à la créativité : que je me sois mise à écrire. En faisant des choses sans but. Sans me dire « est-ce que tu vas devenir écrivain... » Juste en s’autorisant à faire quelque chose qu’on aime, sans se demander si ça allait déboucher sur un métier
  • me faire accompagner au niveau personnel et ensuite au niveau professionnel. Et moi, je me fais accompagner tous les ans, c’est indispensable pour passer des paliers. Ça m’a permis de prendre conscience de mes schémas. Je devais déconstruire ce qui m’avais amenée à cette situation

Donc c’est la créativité, faire les choses sans but, et t’autoriser à te reconnecter avec le plaisir, finalement. C’est important de reconnecter le travail avec le plaisir : beaucoup de gens ont un système de croyance qui fait que le travail ne peut pas rimer avec plaisir parce que pour eux, « c’est dur de gagner son pain ». et effectivement, se reconnecter avec le plaisir peut être une première porte qui s’ouvre pour se connecter avec « et ce plaisir là comment je peux l’injecter dans ma vie professionnelle ».

Comme de parvenir à s’autoriser à vivre, à bien vivre de quelque chose qu’on aime. Et ça, pour moi, ce n’était pas facile au départ. J’ai même contourné l’obstacle en le faisant pour les autres. Je ne m’autorisais pas ça.

Aujourd’hui j’ai changé d’optique : je suis toujours heureuse d’être en connexion avec les autres pour pouvoir les aider. Je suis heureuse aussi de dire que je le fais parce que j’aime ça. Je n’ai pas envie de travailler jusqu’à 8h le soit dans une entreprise qui ne me plairait pas

Quelles difficultés as-tu rencontré ?

Beaucoup de peurs . La peur de me montrer. Mon premier blog n’avait ni ma pote ni mon nom. Je ne sais même pas comment j’imaginais que les gens allaient me trouver.

J’avais toutes le techniques commerciales, mais je les détestais et je ne connaissais que ça. Donc je ne me voyais pas me développer mon activité, surtout dans l’accompagnement, avec des techniques de ventes dures.

Donc j’ai dû dépasser ça, dépasser mes croyances par rapport à la vente et trouver mon style, trouver ce qui me convenait. Ça aussi ça a été une difficulté.

Il y avait aussi tout le rapport à l’argent. La gestion et le fait d’en gagner.

Prendre le temps de regarder ses chiffres, combien je gagne et combien je dépense, de manière régulière et dans le détail. Et en gagner aussi.

D’accepter l’insécurité au départ, qui va avec le fait qu’on ne sait pas quel va être notre salaire.

Plus on peut accepter cette insécurité, pus on se développe vite.

Et par la suite, c’est accepter aussi de se dire « oui, ok, je gagne bien ma vie aujourd’hui, et j’ai droit de gagner encore plus ».

Ton conseil en or pour enclencher sa reconversion ?

Je dirais poser une action, tant qu’elle va dans une direction qui ne vous déplait pas, ou pour lequel vous êtes curieux, et testez ça. En s’autorisant pour une fois qu’il n’y ait pas de plan sous-jacent. Tirez la pelote de laine, et le reste va venir.

Bérangère : Je retiens vraiment le mot « s’autoriser », c’est très important.

Où peut-on te trouver ?

Sur mon site www.revellecoaching.com

Aujourd’hui j’ai une activité qui est à double niveau, avec de l’accompagnement individuel, mais aussi des programmes en ligne. Dont un programme notamment qui est destiné aux femmes qui ont envie de se faire connaitre sur le web, mais qui manquent d’expérience, qui craigne t le regarde es autres. C’est un programme qui s’appelle Discrète et déterminée.

Et j’ai également un groupe Facebook dont l’accès est libre « entrepreneur discrètes et déterminées », qui est un groupe d’échanges et d’entraide autour de l’entrepreneuriat et du web marketing.

 

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