Stéphane Torregrosa : L’autodidacte (passionné!) qui compte dans le paysage web français

Non, les parcours professionnels linéaires ne sont pas forcément les plus bankables, ni les plus épanouissants (et vous le savez).

Non, un empilement de diplômes ne garantit pas forcément LA légitimité que l’on veut ressentir en tant que pro.

Et non, les changements successifs de métier et l’aventure entrepreneuriale ne sont pas forcément des prises de risques inconsidérées. Ils peuvent aussi être une succession d’étapes, de tests, d’avancées, qui vous amèneront à trouver votre pépite : votre passion professionnelle. Celle dans laquelle vous allez briller. 

Et vous l’aurez topée juste en tâtonnant. En expérimentant. En vous écoutant. Et en travaillant fort.

Stéphane Torregrosa est l’exemple typique du chemin professionnel épanouissant mais non planifié. 

Successivement dessinateur en bureau d’études, formateur en bureautique, responsable pédagogique, commercial, graphiste, webdesigner, chanteur, critique de cinéma et, et, et….aujourd’hui un entrepreneur qui compte dans le web français, avec la création de Squid Impact.

Il se considère comme autodidacte. Et j’ai la chance d’avoir pu l’interviewer sur son parcours professionnel atypique. 

Le message qu’il a à nous faire passer est tellement positif, tellement frais, tellement comme j’aime 🙂

Je vous laisse le découvrir, si vous ne le connaissez pas encore…

Peux-tu, en quelques mots, nous raconter ton parcours, et ce qui t’a amené là où tu en es aujourd’hui ?

Alors, j’ai un parcours particulièrement atypique. Je ne fais rien qui soit en rapport avec ce que j’ai appris au cours de ma scolarité. Je n’ai pas rencontré de grandes difficultés scolaires mais je ne me retrouvais pas dans ce format d’apprentissage.

Cela a eu un impact sur mon parcours et mes résultats. J’ai fini avec un diplôme de dessinateur en Bureau d’études, métier que je n’ai jamais exercé tant j’étais mauvais dans ce domaine. Du coup, j’ai cherché ce vers quoi je pouvais me diriger et je me suis retrouvé, un peu par hasard, formateur en Bureautique et informatique. Je n’y connaissais pas grand chose mais je me suis investi.

Devenir formateur, pour le petit gars qui n’aimait pas apprendre en milieu scolaire, m’a amené à développer mes propres méthodes pour capter l’attention de mes apprenants et les amener à devenir meilleurs dans leur domaine. Cela m’a permis également de développer une pédagogie qui m’aide encore aujourd’hui à rendre accessibles des process parfois très compliqués.

Au sein de ce centre de formation, j’ai été successivement (et parfois en même temps) formateur, responsable pédagogique, commercial, graphiste et webdesigner. J’ai élargi le champs de mes formations avec la révolution internet qui naissait alors. Ayant fait le tour de ce métier, j’ai finalement changé de voie quelques années plus tard pour devenir graphiste / webdesigner.

Comme je n’arrivais pas à trouver de poste, je me suis mis à mon compte et cela a été une révélation. Je développais des sites internet et des identités visuelles, et je proposais des stratégies web pour aider les entreprises à augmenter leur visibilité et leurs revenus. Nous étions vraiment dans les débuts du webmarketing et cela me passionnait.

Aujourd’hui, je me suis spécialisé dans l’inbound marketing et le content marketing, et je suis toujours à mon compte (et toujours aussi passionné !)

 Tu dis que tu es un autodidacte. Quelles difficultés cela t’a-t’il posé dans ton parcours professionnel ?

J’ai réalisé assez tard que j’étais un autodidacte. À l’école, je n’étais pas un élève très assidu. J’aimais apprendre en lisant des livres, en expérimentant et quand je retrouvais ces mêmes disciplines à l’école, cela m’ennuyait souvent. J’ai été passionné d’électronique étant enfant, ce qu’on a fait au collège dans ce domaine ne m’a pas emporté. Plus tard, j’ai lu quelques ouvrages de philosophie et cela m’a énormément fait réfléchir. Au lycée, la façon dont notre réflexion était guidée et formatée m’a empêché de m’y intéresser. Peu de place aux débats et à l’échange d’idées quand les programmes doivent être bouclés dans les temps !

Je n’ai pas développé tout mon parcours dans la première question parce qu’il est alambiqué mais j’ai été formateur, musicien & compositeur, critique cinéma, graphiste, webdesigner, marketeur. J’ai exercé des métiers très différents avec le temps.

Néanmoins, mon grand souci était le regard des autres. Lorsqu’on me posait la question : « Tu as fait quelles études pour exercer ce métier ? », j’étais terriblement gêné ! Je manquais de confiance en moi et le regard des autres me renvoyait à mes propres angoisses. Je me sentais illégitime. J’alternais des périodes où je me sentais vraiment bon et d’autres où j’étais convaincu que quelqu’un pointerait tôt ou tard le fait que je n’étais qu’un imposteur.

La France n’est pas le paradis des autodidactes ! L’employeur ou le responsable RH est encore très attaché au parcours scolaire, aux grandes écoles et l’expérience n’est reconnue que si elle est couplée à un diplôme. J’ai passé tellement d’entretiens où j’ai ressenti ce malaise lorsqu’on évoquait ce sujet. Aucun employeur ne m’a accordé sa confiance, ou alors au prix d’un salaire ridicule.

 Et au contraire, qu’est-ce qui t’a particulièrement aidé à avancer ?

En fait, cela est arrivé à l’aube de mes 40 ans. Être à mon compte m’a fortement aidé. Vous n’êtes plus jugé sur un parcours scolaire mais sur ce que vous pouvez apporter en tant qu’indépendant. Cela me permettait de travailler en toute sérénité. Néanmoins, j’avais toujours cette crainte latente, cette illégitimité qui me pourrissait la vie. Une expérience m’a particulièrement aidé.

Alors que j’étais dans un moment d’incertitude — les autodidactes ont souvent une confiance en dents de scie — j’ai pris une décision. Je me suis rendu dans une école de commerce reconnue, j’ai pris des informations sur un Master en marketing digital et j’étais prêt à me lancer. J’y ai réfléchi durant des jours. J’avais mon dossier sur mon bureau, je l’avais rempli mais quelque chose me retenait. Quelque part en moi, une voix me disait que si je faisais cette formation, je donnais raison à tous ceux qui n’ont pas cru en moi, je validais chaque refus de m’embaucher parce que je manquais de diplômes et j’acceptais le fait que mon expérience ne comptait pas.

Finalement, je n’ai pas fait cette formation. Deux ans plus tard, je donnais un cours de Community Management dans cette école de commerce et à la classe dans laquelle j’aurais du être. Le temps m’a donné raison !

Aujourd’hui, ce que je considérais comme une faiblesse est ma force. Je sais que je suis un autodidacte. Je me définis en tant que créatif et j’ai un besoin vital d’apprendre constamment de nouvelles choses. Je peux démarrer une nouvelle activité ou me lancer dans une nouvelle discipline, cela ne m’effraie pas car je l’ai déjà fait avant.

Être consultant Freelance m’a ouvert tellement d’opportunités ! Le blog de mon entreprise m’a permis d’asseoir mon expertise et d’être reconnu. La légitimité qui me manquait, je l’ai acquise par ce biais. J’ai reçu tellement d’encouragements lorsque je me suis lancé ! Je n’ai pas encore écrit de livre mais j’ai reçu plusieurs propositions de maisons d’édition. Plusieurs agences et quelques groupes prestigieux m’ont proposé de m’embaucher. Je ne dis pas cela pour me mettre en avant, mais simplement pour inspirer d’autres autodidactes qui pourraient ressembler au petit gars que j’étais il y a quelques années …

 Que conseillerais-tu aux autodidactes qui nous lisent, pour leur donner un coup de pouce ?

« Si on ne vous donne pas votre chance, prenez-là ! » 

Si on ne vous donne pas votre chance, prenez-la. Click To Tweet

C’est ce que j’ai fini par comprendre après bien des années d’incertitude. Le manque de confiance nous paralyse et nous fait passer à côté de notre vie. La peur m’a fait louper quelques occasions intéressantes que la vie m’offrait.

Prenez conscience de votre potentiel, vous avez une force incomparable. Vous êtes capable d’apprendre par vos propres moyens. Je n’ai peut-être pas fait de grandes écoles mais j’ai appris des meilleurs de ma catégorie à travers le monde entier, grâce aux nombreux livres que j’ai lu. Savez-vous que même les diplômés sont confrontés au syndrome de l’imposteur ?

Je vous recommande également d’écrire un blog professionnel et d’être présent sur les réseaux sociaux. Faites du Personal Branding. Bâtissez-vous une réputation grâce à du contenu de qualité, prouvez votre expertise de cette façon. C’est une excellente façon de se démarquer.

Plutôt que de se limiter aux traditionnels CV et lettre de motivation, soyez présents sur internet. Imaginez qu’un recruteur recherche un profil comme le votre et le trouve sur la première page de Google grâce à son blog. Cela a une importance significative !

N’attendez pas que d’autres vous fassent confiance : commencez par vous faire confiance !

 Où peut-on te trouver, aujourd’hui ? Quelle est ton actu ? 

On peut me trouver en me cherchant sur Google, sur mon site Squid-impact.fr , sur les réseaux sociaux où je suis plutôt actif, dans la région de Bordeaux et sur les plages de l’océan où j’aime me promener en famille.

Concernant mon actualité, je suis toujours consultant en webmarketing, je suis passionné par mon travail. J’ai quelques jolies opportunités qui se présentent à moi et dont je ne peux pas trop parler pour le moment mais je reviendrai en parler ici si cela se concrétise, promis ! 

Moi je trouve le témoignage de Stéphane particulièrement inspirant. Il a trouvé un truc qui le passionnait. 

Et comme ça le passionnait, il est devenu bon, très bon. 

Aujourd’hui il fait partie de ceux qui comptent dans le paysage web français, et son blog est particulièrement brillant. D’ailleurs, il avait écrit cet article sur le syndrome de l’autodidacte que je vous invite à lire.

Encore un grand merci à toi, Stéphane 🙂

 

2 réflexions au sujet de « Stéphane Torregrosa : L’autodidacte (passionné!) qui compte dans le paysage web français »

  1. Bonsoir Bérangère,

    Un autodidacte a très (très) souvent un parcours atypique. Pour m »être intéressé au parcours de Stéphane Torregrosa, effectivement je valide le caractère autodidacte.
    La révélation est souvent le levier permettant de s’épanouir et de ne dépendre que de soi-même, dans cette soif de réussite. Le parcours est souvent instable, mais le jeu en vaut la chandelle.
    La résilience est un atout indispensable.
    Belle interview, merci pour ce moment.
    Signé un autodidacte atypique ! ^^
    Pascal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *