« Trouver sa voie », ce concept tellement has-been…

Aujourd’hui j’ai envie de casser une idée reçue, que je retrouve sur trop d’articles, sur trop de blogs.

En tant que coach de carrière, trop de gens viennent me voir parce qu’ils veulent « trouver leur voie ».

Ce sont leurs mots.

« Trouver sa voie », c’est has been

Moi je n’aime pas du tout cette terminologie, parce que, pour moi, « trouver sa voie », ça ne veut rien dire, et c’est tellement has-been par rapport à ce de quoi est faite la vie professionnelle aujourd’hui.

Les parcours professionnels sont éclatés, de plus en plus irréguliers, de moins en moins linéaires.

Je vais vous expliquer ce que j’en pense, et j’ai vraiment envie et besoin que cet article vous détende et fasse redescendre cette pression qu’on se met parce qu’on cherche sa voie, on veut absolument trouver sa voie sans se tromper.

Parce que parfois, quand on part sur la quête de sa voie, on trouve d’autres choses.

Des choses qui vont nous nourrir davantage, et qui vont venir régler très correctement notre problème personnel ou professionnel.

Alors moi, je n’ai pas envie d’utiliser cette terminologie de « trouver sa voie » ou « chercher sa voie ». J’ai plutôt envie d’utiliser les termes « trouver le projet professionnel du moment ».

Voilà. C’est mieux.

Les institutions nous encouragent à changer de métier

Je ne sais pas si vous avez suivi l’actualité de la formation professionnelle ces dernières années depuis la réforme qui a été mise en place en 2015, le CPF, etc.

En fait, la tendance institutionnelle, c’est de nous faire cumuler des heures de formation pour pouvoir nous faire vider ce cumul au plus tard tous les 5 ans.

Donc nous donner la possibilité de nous re-former tous les 5 ans.

Pourquoi ?

Parce que, de manière institutionnelle, on se dit « les compétences changent, elles doivent être adaptables, les carrières professionnelles ne sont plus linéaires, ça veut dire que les gens changent de vie professionnelle, et ça va être comme ça. « 

Ça veut dire que le système nous encourage à changer. D’ailleurs il y a encore une réforme qui va passer, mais on nous encourage changer de compétences ou de métier tous les 5 ans, puisqu’on a le droit de se re-former tous les 5 ans car nos heures sont arrivées à leur seuil maximum.

Donc on nous encourage à renouveler nos compétences. À nous adapter.

« Il me reste 20 ans à bosser, je ne veux pas me tromper de voie »

Quand un client vient me voir en me disant « moi il me reste 20 ans à bosser, et je ne veux pas me tromper de voie », et bien je lui dis : « non, tu vas trouver le projet professionnel, la voie du moment et pour un certain temps, puisque tu n’es pas sorti de l’auberge ! … Il va falloir peut être dans 5 ans que tu refasses cette même démarche, puisque les métiers changent !

Le numérique, et plein d’autres choses arrivent, et vont nous demander de mettre nos compétences professionnelles à jour en permanence.

Donc quand tu me dis « je veux trouver ma voie », je te dis non, tu dois chercher plutôt le professionnel à 5 ans, à l’instant T, en fonction de tes contraintes personnelles, familiales, financières DU MOMENT.

En fonction de tes désirs, en fonction de ton background, de tes compétences.

Et il y a tout cet amalgame qui fait qu’il va y avoir un projet équilibrant globalement pour toi maintenant, et qui n’a rien à voir avec « trouver ta voie ». 

Trouver sa voie, moi j’ai l’impression que s’est un chemin dans les nuages, alors qu’en fait ce n’est pas du tout la réalité. Car quand on cherche sa voie, c’est pas ça qu’on trouve.

Trouver plutôt des certitudes…

Je vous donne l’exemple d’une cliente qui « cherchait sa voie ». En fait, elle a juste trouvé qu’elle devait divorcer de son mari.

Alors ça n’est pas terrible sur le papier comme issue, c’est sûr.

Mais en tout cas, elle se rendait compte que son équilibre global n’était pas respecté. Elle a identifié que la vie professionnelle n’était pas ce qui lui créait le plus de souci à l’instant T, mais que c’était plutôt un déséquilibre global entre sa vie pro et sa vie perso.

Parce que justement sa vie personnelle n’était plus nourrie, et notamment par son couple.

Elle est donc venu trouver sa voie, et est partie avec une certitude.

>> « pour être plus heureuse dans ma vie, peut-être que ce n’est pas seulement une question professionnelle ».

Je vous invite à rechercher plutôt cet équilibre global.

Ce qui vous rendra heureux et qui fera que toutes vos citernes : la citerne vie pro, vie de couple, vie sociale, vie associative etc, et bien toutes ces citernes seront remplies à un niveau globalement satisfaisant qui fera que vous êtes nourri.e par votre vie, et par votre équilibre en générale.

Donc ne cherchez pas votre voie, cherchez votre équilibre.

La plupart d’entre nous sont tout à fait capables de s’épanouir dans plusieurs vies professionnelles.

Personnellement, je suis aujourd’hui super épanouie dans ce que je fais. Mais je ne peux pas dire que je n’ai pas eu de plaisir dans ce que je faisais avant dans ma vie commerciale et marketing.

Au bout d’un moment, oui, je n’ai plus eu de sens, parce que les sociétés qui m’employaient, les managers que j’avais, ce sont eux, qui n’avaient plus de sens pour moi.

Mais avant ça, j’ai quand même eu du plaisir et pourtant je faisais du commercial.

Aujourd’hui je fais de l’accompagnement et j’ai un plaisir inouï.

Et à un moment donné, j’ai été capable d’avoir du plaisir dans autre chose.

Vous aussi, c’est pareil. Vous êtes capable d’avoir du plaisir dans plein de projets différents.

Alors ne focalisez pas sur « trouver ma voie », car c’est tellement réducteur. Vous êtes un être humain, vous avez du potentiel.

Vous savez vous adapter, c’est le truc qu’on fait de mieux, nous les êtres humains.

Le but n’est pas de vous sur-adapter dans un contexte ou un projet professionnel, ça vous bouffe de l’énergie et ça peut même vous amener au burn-out.

L’idée, c’est de ne pas chercher sa voie, mais vraiment LE projet professionnel du moment. Celui qui va vous donner l’équilibre et venir satisfaire tous les pans de votre vie, et qui va faire que globalement vous serez satisfait de votre vie en général.

Car la vie professionnelle, pour moi on ne peut pas la dissocier du reste.

Pourquoi cherche-t-on sa voie ?

Parce qu’on a l’impression parfois qu’on ne s’est jamais trouvé.

Ou quand on a été dépossédé de nos décisions. Même nos décisions d’orientation scolaire. On fait ce que papa et maman ont voulu, on fait un choix pour se rapprocher des copines, ou ne pas faire moins bien que les copines.

Il y a longtemps, avant de faire ce métier, j’avais rencontré une jeune fille, son papa était cadre, avait une super carrière dans une grosse banque.

Elle était en train de faire ses choix d’orientaiton post bac, et je lui dis « ne te mets pas trop de pression : si tu te trompes, tu as des possibilités de bifurquer vers une autre spécialité ». Et là son père regarde et dit « non non, pas du tout, elle n’a pas le droit de se tromper ».

Mais vraiment d’un air plein de pouvoir.

Là j’ai réalisé que cette jeune fille ne décidait pas de son avenir professionnel. Elle n’avait pas forcément accès à ce qui lui faisait plaisir, parce qu’elle n’en avait pas l’autorisation.

On n’a bien sûr pas tous un papa derrière nous pour nous dire explicitement « tu vas faire ce qui va faire plaisir à papa« , mais on a plein de choses qui représentent papa et qui nous trottent dans la tête, et qui font que parfois, on est dépossédé de nos prises de décision, et notamment professionnelles.

Donc du coup, l’idée c’est de revenir à se connecter à soi-même, à chercher ce qui nous fait plaisir, ce qui a du sens pour nous, et qui va venir nourrir cet équilibre global pour nous aider à trouver le projet professionnel du moment.

Quand on a l’impression qu’on ne s’est jamais trouvé, c’est peut-être qu’on ne s’est jamais écouté.

Pourquoi ne faut-il pas « chercher sa voie » ?

Parce qu’on n’en a pas qu’une, on en a plein.

On est capable d’être heureux dans plein de situations différentes, si tant est que l’équilibre global de notre vie soit respecté.

Dans l’équilibre professionnel, moi j’ai identifié 3 choses qui font qu’on est heureux :

  • on est heureux parce qu’on a du sens dans ce qu’on fait
  • parce qu’on a du plaisir dans nos tâches
  • parce qu’on a un bon environnement relationnel

Et si au travail on a le plaisir, le sens, la relation, c’est ok !

Et qu’on soit en finance ou en contrôle de gestion, c’est pareil !

Souvent ce n’est pas seulement le contenu de notre mission qui va nous épanouir au travail, c’est un équilibre global.

Et au delà de l’équilibre professionnel, il y a l’équilibre que votre vie pro prend dans votre vie en général.

« Trouver sa voie » peut vous mettre en échec !

Et un autre point que je n’ai pas soulevé pour arrêter de vouloir trouver sa voie à tout prix, c’est que ça met en échec !

Si vous cherchez votre voie et que vous voulez la trouver à tout prix, vous risquez d’être fortement déçu.e. Car dans votre nouveau job, oui, ça peut être beaucoup mieux que ce que vous avez connu jusqu’à présent, mais ça va redevenir le quotidien : coups de fatigue, coups de bourre, incertitude,etc. D’autres contraintes.

Donc il n’ y a pas de voie dorée, il n’ y a que de la déception si vous vous mettez la barre trop haut.

Moi, je dirais, qu’il y a des étapes préliminaires avant de « trouver sa voie », entre guillemets.

D’abord, c’est de se reconnecter à soi, à son parcours. Retrouver la confiance, pour se dire « ok, voilà les choix que j’ai fait, voilà mon parcours professionnels, voilà ce que j’ai envie de réinvestir, voilà ce que j’aime, voilà ce que j’aime pas ». C’est vraiment se reconnecter à soi et se donner la possibilité de décider et s’autoriser.

Donc arrêtez de chercher votre voie, et essayez plutôt de trouver votre projet professionnel du moment.

Moi, ça m’embête quand je reçois des coups de fil de clients qui ont une pression d’enfer qui me disent « c’est maintenant que je dois trouver ma voie et je veux vraiment ne pas me tromper ».

Et quand on se trompe de voie ?

Moi je crois que de se tromper, ça plante des graines.

Peut-être pas eu bon endroit, mais des graines qui nous aident à prendre nos décisions, à avoir nos certitudes. La certitude de ne pas être à sa place.

Tant mieux, ça nous permet de ne pas refaire la même erreur plus tard.

Le chemin est long, les carrières sont longues.

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