La question la plus stupide posée en entretien d’embauche : Quel est votre principal défaut ?

Entretien d’embauche, extrait.

Le recruteur : « Pouvez-vous nous citer votre principal défaut ? »

En face une working-maman archi-préparée. Elle prend 10 secondes pour faire celle qui réfléchit. Puis elle sort sa phrase un peu hésitante, genre j’ai un peu honte d’avouer le méga-défaut qui est en fait une qualité.

Cette phrase, elle l’a répétée 10 fois déjà, et elle est vraiment au top là dessus.

Ça vous rappelle quelque chose ?

J’avais écrit un article sur la meilleure façon de répondre à la question « Quelles sont vos principales qualités ? », en entretien d’embauche. Mon article a été lu plus de 50 000 fois…c’est dire à quel point cette question est redoutée et archi-préparée par les candidates…

Alors tant qu’on y est, j’écris aussi cet article sur sa question-copine, celle qui détient la palme du summum de l’absurde en entretien d’embauche, à savoir : « Quel est votre principal défaut ».

Rien que d’y penser, cette question me fait soupirer.

Ou plutôt, c’est le recruteur (coincé dans les années 80) qui la pose encore, qui me fait soupirer.

Tout le monde s’y attend, tout le monde s’y prépare, c’est LA question dite « piège » de l’entretien d’embauche.

On se l’est toutes vue posée.

Quel est votre principal défaut ? Vous avez répondu quoi, vous ?

Et on a toutes préparé une réponse bateau et toute faite. Une réponse assez futée pour montrer qu’on avait assez de recul sur soi-même pour admettre avoir un défaut, mais quand même… un défaut pas trop casse-pipe, et qui pourrait facilement être vendu aussi comme une qualité.

Vous avez répondu quoi, vous ? (celle qui dit « perfectionniste, elle sort !! :))

Moi j’ai dû, une fois ou l’autre, répondre quelque chose comme « j’ai du mal à prendre du recul sur mes émotions ». Oui, ça passait bien.

Ça disait de moi : « Je suis authentique, les choses professionnelles me touchent profondément, car je suis très impliquée dans mon travail », etc.

Bref, un montage stupide, pour une question stupide.

Mais j’étais en entretien de recrutement, et ma mission était de « me vendre ». Et le défaut que je décidais d’avouer, devait venir servir mon objectif : ÊTRE EMBAUCHÉE !!

Pourquoi pose t-on cette question en entretien d’embauche ?

Du point de vue du recruteur, cette question est censée vérifier la capacité de prise de recul d’une candidate sur elle-même, sa sincérité.

En réalité, cette question ne sert à rien. Elle est du même style que « vendez-moi ce stylo » (qui sert juste à mettre la candidate dans l’embarras en la mettant dans une situation in vitro, aux antipodes de ce qu’est en fait la vente aujourd’hui).

Ou encore « Où serez-vous dans 5 ans ? » (alors que le recruteur n’a même pas la réponse à cette question pour lui-même).

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Donc, « quel est votre principal défaut » ne sert à rien

Parce que toutes les candidates ont préparé une réponse toute faite.

Et si le recruteur pense qu’il va pouvoir en tirer quelque chose de constructif dans le but de « lire » un peu mieux son interlocutrice, il se met le doigt dans l’œil. Parce que c’est typiquement une question qui amène des réponses artificielles.

Donc un échange artificiel, ce qui représente pour moi un non-sens, en situation de recrutement.

Vous imaginez une candidate qui répondrait « Je suis avant tout maman du coup je suis là juste pour le salaire, je préférerais rester avec mes enfants » ?

Ou « je suis désorganisée » ?… « j’ai un relationnel exécrable » ?

Ou dans un autre genre : « Je n’ai aucun défaut : Je suis dynamique, organisée, bosseuse, relationnelle, performante, innovante, belle, et gratuite » ? 😎

Votre principal défaut ? « Je n’ai aucun défaut : Je suis dynamique, organisée, bosseuse, relationnelle, performante, innovante, belle, et gratuite » ?

Pour contribuer à introduire un peu plus de sincérité dans nos entretiens, messieurs/dames les recruteurs, vous pourriez plutôt poser « Parlez-moi de votre plus grande forcequ’avez-vous réalisé grâce à elle ?quelles difficultés avez-vous rencontrées ?… etc. ».

Voilà. Ça, ça introduit du factuel et de la vraie prise de recul.

Là, vous aurez déjà plus de chances d’avoir en face de vous des candidates qui vous répondent de façon authentique, ce qui induit la base d’un échange constructif.

Il semble que les prochains mois/années de la vie de quelqu’un se jouent, lors de cet entretien… ne serait-on pas en droit d’attendre un échange sincère, basé sur l’authenticité ?

Histoire de poser les bases d’une collaboration saine. D’une relation transparente dès le départ, quoi.

Pourquoi poser la question du principal défaut n’a-t-elle pas de sens ?

Parce que la candidate n’a pas la réponse

Et puis même si la candidate voulait jouer le jeu de la spontanéité : « Quel est votre principal défaut ? » est une question inutile à poser à une candidate, car on ne se voit jamais tel que l’on est.

Donc même si la candidate répondait « je suis désordonnée », peut-être qu’en réalité elle ne l’est pas.

Elle pensera l’être parce qu’on lui aura rabâché quand elle était petite, parce que depuis qu’elle est maman elle est un peu à la ramasse sur le ménage à la maison, ou parce qu’elle travaille depuis 10 ans dans le même bureau qu’une control-freak, ou qu’elle est tellement exigeante avec elle-même, que le curseur du désordre n’est pas au même niveau pour elle que pour le commun des mortels.

Ce qui ne fait pas d’elle quelqu’un de réellement désorganisé, en tous cas.

Parce que quand on sait qu’on a un défaut, on le travaille

Si une candidate dispose d’un niveau assez élevé de conscience de soi pour avancer en toute objectivité « je suis désordonnée », en général elle a déjà mis en place des actions pour arranger le problème (planification, listes, etc).

Donc, elle ne l’a plus, le problème.

D’ailleurs, voici une bonne piste de réponse. Il est plutôt intelligent, quand on admet une faiblesse ou un défaut, d’expliquer ce que l’on met en place pour le travailler, le compenser, le minimiser sur le terrain.

Parce que ce sont les qualités qui comptent

La plupart des candidates qui se plantent à un poste, ne le font pas à cause de leur principale faiblesse, mais plutôt parce qu’elles surestiment leur plus grande force.

J’ai lu qu’à partir d’un certain niveau de pression, une qualité perdait de sa force. Tous ceux qui sont restés un certain temps à un poste ont vu cela se jouer. Par exemple, une jeune commerciale dont la force est « l’ambition », deviendra ultra-compétitrice à partir d’un certain niveau de pression, peut-être au détriment de l’esprit d’équipe.

Mais les « défauts » sont assez simples à repérer, et à réparer. Et puis focalisons sur nos forces, elles sont tellement plus nourrissantes et constructives !

Les forces liées au comportemental et au relationnel sont de plus en plus recherchées par les recruteurs

D’ailleurs, souvent, nos forces non plus, nous ne les voyons pas, et c’est bien dommage. Pourtant nous en avons toutes. Et les forces liées au comportemental et au relationnel sont de plus en plus recherchées par les recruteurs. Et personne ne le dit, mais les mamans sont transcendées par leur condition maternelle. On sait faire beaucoup plus de choses qu’avant, on se débrouille dans toutes les situations, on exerce tous les jours une créativité sans bornes pour négocier, animer, rattrapper…

Bref, on a plein de (nouveaux) savoirs-être.

Ce savoirs-être, on les appelle les « soft skills », et on en parle beaucoup en ce moment. J’ai écrit un article sur le sujet, intitulé « Les soft skills, ces compétences que vous détenez, et auxquelles vous ne pensiez pas ».

Vous y découvrirez quelles sont ces compétences, et pourquoi elles sont de plus en plus recherchées par les recruteurs. Croyez-moi, en devenant maman vous avez développé pas mal de soft skills !

Mais heureusement, décrocher un job ne se résume pas qu’à l’entretien d’embauche.

Les choses se jouent bien en amont. C’est avant tout la qualité de votre candidature, qui conditionnera la qualité de vos échanges avec le recruteur. Parce que vous aurez su susciter sa confiance avant même de le rencontrer.

Alors oui, l’entretien pourra être une épreuve compliquée si votre candidature n’est pas préparée avec la bonne méthode.

J’entends par là, en ayant fait précisément le point en amont :

  • sur ce que vous avez fait
  • donc sur ce que vous savez faire
  • sur les raisons pour lesquelles vous changez de job et postulez ici aujourd’hui
  • et sur la meilleure façon de vous présenter, et mettre en valeur votre parcours

Tout le monde ne l’a pas, cette méthode.

Notamment parce que chercher un bon job ne s’apprend pas à l’école, mais aussi parce qu’on nous dit plein de choses différentes sur la recherche d’emploi, et qu’il est difficile de faire le tri entre les bons et les moins bons conseils.

En plus, chercher un bon job est une situation exceptionnelle, sur laquelle on n’aime pas avoir à l’idée qu’il faudra se former un jour…

Pour se sentir à l’aise en entretien d’embauche, encore faut-il s’y sentir à sa place. C’est-à-dire avoir postulé pour le bon job, et avoir sincèrement envie de le décrocher.

Et vous, votre projet professionnel de working-maman est-il ficelé comme vous voulez ?

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Cet article a 4 commentaires

  1. Très bon article, je le garde sous la main pour le prochain entretien histoire de me détendre 🙂

    1. Merci pour votre commentaire, Claire. Vous trouverez d’autres articles sur le même thème un peu plus loin sur mon blog. Mais l’élément principal à avoir en tête pour réussir un entretien, est bien de rester soi-même avant tout !

  2. Bonjour,
    Selon une étude réalisée par l’Université de Harvard,

    La réussite dans votre carrière dépend à 80% de vos soft skills ( savoir-être) et 20% de vos hard skills ( compétences).

    Et la compétence qui selon moi est la plus importante à développer pour réussir dans sa carrière est le leadership.

    1. Ces statistiques ne s’appliquent absolument pas à tous les métiers.

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